Mercredi soir sur la TSR, le chef du Département fédéral des Affaires étrangères, Joseph Deiss, a appelé le peuple suisse à rejeter l'initiative de l'UDC sur l'asile, le 24 novembre. Sur le fond de son discours – le projet de l'UDC serait inefficace et son application effroyablement coûteuse – un membre de son équipe se montre plutôt satisfait: «Le message était clair et il a bien regardé la caméra, alors que tout le monde sait que ce n'est pas un as de la rhétorique.» Sur la forme, ce proche est plus critique: «Le décor est d'une austérité qui frise le ridicule.»

Joseph Deiss, vêtu d'un complet noir et d'une cravate noire, est apparu devant un fond gris souris agrémenté d'une colonne bleue dans laquelle était incrusté un Palais fédéral miniaturisé. Ce décor des studios de la SSR à Berne a aussi été utilisé par Ruth Metzler lorsqu'elle est intervenue en allemand sur le même sujet. Depuis longtemps, pourtant, les experts en communication du Conseil fédéral tentent d'égayer les interventions officielles. L'idée d'un changement de décor a été évoquée avant la votation sur l'adhésion à l'ONU; un autre «communiquant» de Joseph Deiss a suggéré de recourir à deux caméras pour rendre les allocutions plus vivantes. Rien ne s'est fait en raison, murmure-t-on, de l'opposition obstinée de la Chancellerie fédérale.

Rigueur et tradition

Le vice-chancelier Achille Casanova, porte-parole du Conseil fédéral, défend cet immobilisme: «La SSR a voulu changer la forme de ces interventions il y a plusieurs années, mais les sondages de l'époque montrent que la présentation traditionnelle, sans beaucoup de symboles et de couleurs, est celle que les gens préfèrent.» L'administration fédérale a aussi gardé un souvenir cuisant de la tentative de rénovation d'Adolf Ogi, qui était apparu coiffé d'un chapeau de cantonnier devant le tunnel du Lötschberg, sous la neige, un sapin à la main: l'image avait inspiré des caricatures ironiques aux journaux suisses et fait le tour des bêtisiers internationaux. C'est aussi l'un des spots dont le public se souvient le plus.