S'appuyant sur des études mettant en évidence l'impact des images violentes sur les jeunes enfants, le rapport remis jeudi par la philosophe Blandine Kriegel au ministre français de la Culture et de la Communication, préconise plusieurs mesures afin de limiter leur présence sur les écrans. Plutôt qu'une simple censure, le rapport suggère la mise en place d'un système de régulation et de contrôle impliquant tous les acteurs de l'audiovisuel mais aussi des associations familiales.

Contrairement au président du Conseil supérieur de l'audiovisuel, le rapport n'exige pas la fin des films pornographiques à la TV. Il préconise par contre l'interdiction des films violents et à caractère pornographique de 07 h 00 à 22 h 30, sur les chaînes publiques et privées, ainsi que les bandes-annonces composées d'images violentes. Les chaînes câblées spécialisées dans le porno devront faire l'objet d'abonnements spécifiques.

Télé à l'eau de rose

Constatant un retard de la France comparé aux autres pays européens, le rapport réclame la refonte totale du système de classification des films. Ainsi pourrait être mise en place une commission qui contrôlerait les films de cinéma, les cassettes et les jeux vidéo. La classification des téléfilms, des séries et des émissions TV resterait, pour l'instant, de la responsabilité des chaînes. Le rapport réclame aussi la mise en place d'études approfondies sur les dangers de la télé pour les jeunes enfants. «Il s'agit d'un problème complexe, a reconnu le ministre, qui se propose d'étudier le rapport avant d'engager le gouvernement dans certaines mesures. Personne ne veut d'une télé à l'eau de rose, mais on sait que la diffusion d'images violentes est dommageable.»

«On ne peut interdire complètement la diffusion d'images violentes, mais c'est la violence proposée comme jouissance qu'il faut bannir des écrans, explique Blandine Kriegel. Nous n'avons pas établi de censure vis-à-vis des adultes, mais proposé des mesures de protection de l'enfance. Nous avons misé sur la notion de contrat, de concertation, de régulation. Mais, si rien n'a évolué en un an, nous préconisons des mesures plus drastiques.»