Quel match, n'est-ce pas? La rencontre Bâle-Liverpool mardi soir restera comme un de ces très grands moments de la mémoire télévisuelle que les années n'effaceront pas, tant par l'excellence du jeu des footballeurs bâlois en première mi-temps que par la tension nerveuse vécue par le téléspectateur en fin de rencontre. Cette soirée historique – record de parts de marché en Suisse alémanique –, était encore si forte à nos esprits mercredi que nous avons scruté attentivement les deux journaux de la télévision romande (12 h 45 et 19 h 30) pour voir comment se déclinait l'après-match, le lendemain, le jour d'après.

A titre de comparaison, pour le journal de la mi-journée de La Première sur la RSR, la qualification de Bâle était histoire presque classée. A peine une minute – après sept minutes consacrées à la voile – pour faire état des réactions désabusées de la presse britannique. Un peu chiche…. Du coup, revenu devant le petit écran quelques poignées de secondes plus tard, nous fûmes soulagés que Philippa de Roten y consacra une large entame de son journal télévisé avec l'évocation d'une nuit d'ivresse, d'une nuit de fête. C'était bon de voir une ville la nuit ainsi sublimée. Revue de presse également et commentaire en plateau sur les bénéfices (relatifs) d'une telle aventure. A 19 h 30, la réponse du régime de Saddam Hussein à l'ONU avait relégué sur le banc de touche les prouesses des Bâlois. Evident. Incontestable. Mais l'ampleur de l'exploit réussi se traduisait encore par quelques appréciations de joueurs, de l'entraîneur et du chef de presse. Et comme en Suisse tout finit par une question d'argent, la cheffe de la rubrique Sports insistait encore dans un nouveau commentaire sur le mythe des bénéfices mirobolants d'une telle entrée dans le gotha européen du football. Peut-être. Mais que de bonheur encore à venir pour les amoureux du ballon…