Il est de bon ton de se moquer de Steevy. L'ex-lofteur blond peroxydé a pu être agaçant. A peine sorti, «starisé» par son seul mérite d'avoir «glandé» en direct avec un peu plus de présence que les autres lofteurs, Steevy avait trop vite proclamé qu'il avait du talent. «Grave», comme diraient les lofteurs. Personne ne l'a cru, tout le monde en riait avec un brin de condescendance pour ce gros bébé un peu nunuche. N'empêche, après avoir défilé pour Jean Paul Gaultier, qui misait sur son côté androgyne exhibitionniste, Steevy a été récupéré par Laurent Ruquier sur Europe 1 et France 2 dans «On a tout essayé». Le pari n'était pas gagné d'avance. C'est une chose de pavaner avec sa peluche fétiche, c'en est une autre de réussir à s'intégrer dans une émission exigeante parmi des chroniqueurs éprouvés. Tout le monde l'attendait au contour, prêt à le sacrifier sur l'autel de la télé-réalité. Et Steevy s'en sort plutôt bien, jouant le rôle de l'enfant adopté, sympa et gentil, mais pas aussi idiot qu'il en a l'air. Avec Claude Sarraute à ses côtés en grand-mère attendrie et coquine, le cocktail fonctionne. Steevy et Claude, c'est un peu la version revisitée d'Harold et Maude. Ruquier, qui a du flair, ne cache pas qu'il a dû l'imposer, y compris à ses propres troupes. Et il a récidivé en lui donnant un rôle dans la comédie qui triomphe depuis le 11 octobre au Théâtre des variétés «La presse est unanime». Steevy, au fond, est un gamin touchant qui est en train de prouver qu'il peut y avoir une vie après le loft.