La télévision, vue par Marie-Claude Martin. L'inconnu d'avant-hier

Dimanche soir encore, entendant son nom revenir à plusieurs reprises

Dimanche soir encore, entendant son nom revenir à plusieurs reprises dans la bouche des observateurs politiques, on se demandait: «Mais qui est ce Sérafin, Raparin…. Raffarin, oui, voilà: Jean-Pierre Raffarin? Quelle tête peut-il bien avoir?» Le lendemain, à peine nommé premier ministre, on a enfin découvert le visage de celui qui, répondant il y a quelques jours aux journalistes s'inquiétant de son manque de notoriété, eut cette formule pleine de bon sens: «Le problème est réglé le jour de la nomination!»

Le bon sens, c'est précisément une des qualités reconnues à cet homme de proximité et de terrain, auteur de petites trouvailles linguistiques, dont le président à 82% s'est souvent servi dans ses discours: «La France d'en bas» par exemple est une «raffarinade». Donc, cet homme sans visage, inconnu de la plupart des micros-trottoirs, ce troisième couteau comme l'a surnommé son rival Nicolas Sarkozy, a fait l'ouverture de tous les journaux télévisés, hier soir. Et sur toutes les chaînes, ce fut le même portrait, avec les mêmes images: Raffarin à côté de Giscard; Raffarin lisant des dossiers dans sa voiture; en visite dans des abattoirs; soutenant une Bernadette somnolente etc.

Dans le Journal des Guignols de lundi, le discret Jean-Pierre Raffarin n'avait pas encore sa marionnette. Mais comme l'homme est typé, que son profil plat à la Pierre Tchernia, son sourire de boxeur et sa silhouette toute ronde ont déjà largement été commentés, sa caricature ne devrait pas tarder à émerger.

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