La télévision au cœur du pouvoir exécutif vaudois, c'est assez rare pour qu'on le signale avec un petit coup de chapeau à Eva Ceccaroli, dont le reportage à la fois discret et convivial sur la conseillère d'Etat Anne-Catherine Lyon offrit, hier à Temps présent, un curieux décalage en raison des récentes entorses à la bonne entente gouvernementale.

Tourné avant la rupture socialiste de collégialité sur la BCV et l'éclat libéral de Charles-Louis Rochat sur le M2, ce film est sans doute le dernier témoignage de l'état de grâce qui avait suivi l'élection printanière d'Anne-Catherine, Jacqueline, Pierre, Pascal, Jean-Claude, Charles-Louis et Philippe dans le loft gouvernemental. En montrant à quel point les conseillers d'Etat peuvent être surchargés, voire surmenés, Temps présent nous a révélé du même coup la vraie raison pour laquelle Charles-Louis ne défend pas les transports publics rapides: il utilise ses longs trajets quotidiens comme un moment pour réfléchir.

Dimanche dernier, dans un audacieux crossover (deux émissions se rencontrent), Philippe (Biéler, un habitué du loft gouvernemental) était venu dire à Mise au point que tout était arrangé entre les protagonistes grâce à «un fond d'amitié». De quoi relancer le reportage de Temps présent réalisé en début d'automne dans le sillage d'Anne-Catherine, dont l'engagement apparemment si désintéressé et si franc donne une image très positive de l'exercice du pouvoir. C'était reposant d'oublier un peu la vision politique cynique des Guignols.