France 2 diffuse ce soir la fin du «Rêve brisé», formidable travail historique dont la première partie nous a plongé dimanche, sept ans exactement après l'assassinat d'Yitzhak Rabin, dans les coulisses du conflit israélo-palestinien.

Le film de Charles Enderlin relève autant du thriller que du documentaire. Les personnages se mentent, plaisantent, se congratulent, partagent le couscous chez Clinton, s'insultent, se réunissent à nouveau. Les négociateurs des deux camps pactisent facilement. Mais lorsqu'Arafat fait arrêter 2000 chefs terroristes, en mars 1996, cela vient «trop tard», selon le premier ministre d'alors, Shimon Pérès. Le 18 avril de la même année, ce dernier s'apprête à prendre la parole en public, Arafat à ses côtés. Un homme se penche à l'oreille de Pérès et lui annonce ce que le commentaire nous a déjà révélé: une bavure israélienne au Sud-Liban a tué 102 personnes. Pérès comprend alors qu'il vient de perdre le vote des Arabes israéliens…

La suite met en scène un Bibi Netanyahou hallucinant, racontant avec le sourire comment il a ouvert le souterrain du Mur des Lamentations sans avertir ses propres services de sécurité. C'est le clash avec la police d'Arafat. Puis Bibi libère des détenus palestiniens, mais uniquement des criminels. Ces balourdises trouveront leur acmé dans la fameuse visite de Sharon sur l'esplanade des Mosquées. Entre les deux, Barak aura soufflé le chaud et le froid. Clinton viendra avec ses «idées historiques» en décembre 2000. Trop tard, disent encore les protagonistes. Le temps a manqué. Et le courage aussi, des deux côtés.