«Mon nez, c'est du toc!», sourit Lili. Et ma tête? Entre chirurgie esthétique à la chaîne et débat sur la schizophrénie, ce mercredi soir était propice à la déconstruction. D'abord sur France 3, où le magazine perspicace Des Racines et des Ailes a proposé un impressionnant voyage en Chine, au sixième étage d'un hôpital en plein cœur de l'ancien quartier de Shanghai. Là, Lili et Nana font partie des quelque 300 personnes à fréquenter quotidiennement le service chirurgical. La caméra a du mal à se frayer un chemin, objet de nombreux regards. Normal, elle est tenue par des Occidentaux, «ce modèle parfait» auquel les jeunes Chinoises rêvent de ressembler. Affinement du nez, débridage des yeux, un quart d'heure suffit. Plus rapide qu'une visite chez le coiffeur! «J'aimerais que mes yeux soient encore plus débridés», dit cette jeune fille comme on demande une coupe plus courte. Refus du chirurgien. Volte-face oui, perte de la personnalité non.

Et pendant que les Chinoises construisent leur vie en restructurant leur visage, des schizophrènes décrivaient sur France 2 leur lutte face à une personnalité indomptable. Parmi eux, Olivier, qui a expliqué plus clairement que n'importe quel médecin comment éprouver la déstructuration du cerveau. Evitant toute hypocrisie et toute complaisance, le plateau de Ça se discute avait des faux airs d'un film de Cronenberg, rare cinéaste à parvenir à décortiquer avec doigté les méandres du cerveau humain, et qui a depuis longtemps prouvé qu'entre le cerveau et la chair, la frontière peut être infime.