Les politiciens sont de vrais guerriers! Et dans cette guerre, tous les coups sont permis! Françoise Giroud, Michel Rocard, Raymond Barre ont fait mardi et mercredi soir le même constat… Ils participaient, avec d'autres, au documentaire en deux volets que William Karel a consacré aux années Giscard: du triomphe de 1974 à l'ampoulé et tragique (comique?) «au revoir» de mai 1981. Du triomphe de la jeunesse à la «dérive monarchiste», de la modernité aux «diamants de Bokassa».

En alternant grâce à un montage dynamique quelques images d'archives et des interviews en gros plan, souvent en question-réponse, VGE: le théâtre du pouvoir créait un étrange lien entre le passé (Dieu que les images télé des années 70 ont vieilli!) et notre présent. Avec plus de vingt ans de recul, le regard et les explications de tous les participants, de Simone Veil à Pierre Messmer, d'Edith Cresson à Valéry Giscard d'Estaing lui-même, nous offraient une grille de décodage de l'arène sans pitié qu'était – et qu'est demeurée – la politique.

Et VGE de raconter comment, entre les deux tours de 1981, refusant de croire ses proches, il a appelé lui-même la permanence créée par Chirac et le RPR pour le soutenir pour se faire dire de ne surtout pas voter pour VGE… Un cillement des yeux, un léger sourire ironique: tout était là, tout était dit dans ces quelques instants que seule la télévision permet de transmettre. Et l'un des invités de suggérer qu'en d'autres temps, vraiment monarchistes ceux-là, Chirac aurait fait assassiner Giscard… Vous avez dit guerre!