Difficile aujourd'hui pour une vedette de se frayer un chemin à la télévision. Aux hasards des émissions de variétés, de talk-show, elle se retrouve souvent potiche professionnelle, moins pour promouvoir son propre produit que pour servir de repoussoir à des anonymes en mal de feux de la rampe. Les invités du prime du samedi soir de Star Academy tentent désormais à peine de dissimuler derrière un sourire emprunté qu'ils ne sont pas dupes: leur chanson aura plus de succès auprès des téléspectateurs interprétée par un apprenti chanteur que par eux-mêmes. Rançon de la gloire? Même pas. Loi d'une télévision qui célèbre de manière vulgaire – au sens premier – la décadence de l'anonymat.

Mais samedi soir, sur le plateau de Tout le monde en parle, il en était un qui exprimait sa volonté de vivre en anonyme. Et pourtant. Patrick Dils, innocenté après quinze ans de prison et trois procès, est venu promouvoir son livre, son histoire, la moitié de sa vie passée à l'ombre. Une promotion qu'il accompagne d'un souhait: «Alors que tout le monde veut être célèbre, mon but est de retomber dans l'anonymat le plus total.» En étant l'invité d'Ardisson, qui par ailleurs a parfaitement su mener son interview? En enchaînant les émissions et en acceptant de se retrouver sous les feux des médias? En affichant sur la couverture de son livre un visage dont on aurait jusqu'à présent à peine pu reconnaître les traits? «Je suis trop bien élevé», a-t-il soufflé à Ardisson. A l'instar de ces anonymes célèbres qui font les beaux jours de la télévision, il ne sait pas dire non.