Fausto Cattaneo – le flic qui a pénétré les cartels de la drogue – était dimanche soir à Mise au point. En personne. La lumière monte lentement sur une silhouette assise au fond du studio. Zoom avant. C'est lui. «Vous sentez-vous menacé?», demande Eric Burnand. Comme s'il était possible d'en douter. Fausto Cattaneo est armé: «Je sais que l'arme ne servira peut-être à rien, mais je ne veux pas un jour regretter de l'avoir laissée à la maison», dit-il. On le regarde autrement. Il est venu dans ce studio avec une arme sous son veston. On pense à cette arme invisible en scrutant son visage. Soudain, c'est plus qu'un flic, c'est un acteur. Le reportage qui suit accentue l'impression: arrestation spectaculaire, plan de voitures de police toutes sirènes hurlantes, plage d'Ipanema, exotisme, bars et palmiers… Lâché par ses supérieurs, Fausto Cattaneo se planque dans une favela. Image de la favela. Ombre d'un homme descendant un escalier. Tato – c'est le surnom du héros – aurait donc vécu toutes ces aventures suivi par des caméras? On le retrouve sur le plateau de Mise au point. «Comment avez-vous fait pour ne pas franchir la ligne?», demande Eric Burnand. Fausto Cattaneo explique qu'être une taupe, c'est du théâtre: il faut vivre cette situation comme si on jouait un rôle. Quelle est la limite à ne pas franchir? Celle qui sépare la loi du crime? Celle qui sépare l'information du cinéma? Déjà on imagine la vie de cet homme. On est pris. On est entré dans une fiction dont on se dit qu'un jour ou l'autre elle fera un bon scénario.