José Angel GURRIA, secrétaire général de l’OCDE

Le faux naïf

Interlocuteur privilégié du G20 durant la crise du secret bancaire, le secrétaire général de l’OCDE a horripilé les Suisses par ses protestations continuelles de loyauté. Derrière sa façade de bureaucrate lisse, l’homme est plus politique qu’il en a l’air. Il connaît bien la Suisse – lorsqu’il était ministre des Finances mexicain, il a emprunté de l’argent à ses banques pour maintenir à flot les caisses de son pays. Après que Pascal Couchepin lui a reproché d’avoir transformé l’OCDE en «GaultMillau» de la finance internationale, il a offert à ses proches un… guide GaultMillau des restaurants de Paris, «pour qu’ils sachent ce que c’est».

JeffreyOWENS,

directeur du centre de politique et d’administration fiscales

Le pourfendeur du secret bancaire

Employé à l’OCDE depuis trente ans, ce Gallois est décrit par ses collègues comme «un type brillant» qui a «une idée par seconde». Depuis son bureau, parsemé d’interviews de banquiers helvétiques, il explique que «les 80% de l’industrie suisse qui sont hors secteur financier nous disent qu’ils ne pourraient pas vivre sans l’OCDE», notamment ses directives sur la taxation des multinationales. Il entend examiner d’un œil critique les pays qui ont promis de lever leur secret bancaire en 2002, mais ne l’ont pas fait. La Suisse, qui a pris cet engagement en 2009, «est dans une bien meilleure situation que Panama», assure-t-il.

Urs

URSPRUNG,directeur de l’Administration fédéraledes contributions

Le technocrate suisse

On le connaît peu ce haut fonctionnaire. Il représente pourtant la Suisse à l’OCDE pour toutes les questions relatives au secret bancaire. Problème: outre les Finances, les Affaires étrangères et l’Economie publique ont aussi leur mot à dire. Et l’harmonie entre les trois est toute relative. «Les Contributions se sont enfermées dans un cagibi intellectuel», accuse ainsi un fonctionnaire d’un autre département. «Ce ne sont pas des stratèges», ajoute Mark Pieth, le Suisse qui dirige le groupe anti-corruption de l’OCDE. Réponse des intéressés: la ligne suivie a toujours été discutée avec les autres départements, et la coopération avec eux fonctionne «très bien».