Sous les lambris de l'Hôtel Bellevue à Berne, les responsables du service de recherche de SSR-SRG idée suisse présentaient hier les résultats annuels des audiences radio télévision (lire en page 2). Ils ont aussi levé le voile sur leur étude consacrée à la «contribution des médias radio -TV à l'identité et à l'intégration sociale et culturelle en Suisse». Après deux ans de travaux, 250 000 francs dépensés, plus d'une centaine d'entretiens individuels et collectifs, notamment avec des «leaders» d'opinion et enfin deux sondages auprès de 3300 personnes, les auteurs de l'étude démontrent que «78% des Alémaniques interrogés et 75% des Romands sont en faveur d'une radio télévision d'obédience publique. Ils sont respectivement 80 et 70% à adhérer à son système de péréquation financière». «C'est un petit miracle, concède Josepha Haas, porte-parole de SSR-SRG idée suisse, mais ces résultats se retrouvent en fait dans nos parts de marchés.» Quant aux 42% des sondés qui jugent la redevance trop élevée: «C'est normal, moi aussi, devant mon café, j'ai cette réaction. Cela n'entame en rien leur adhésion au service publique.»

L'étude ne portait pas seulement sur les médias mais aussi sur les autres facteurs d'identité et de cohésion nationale. Ont été cités: l'industrie du chocolat, l'horlogerie, Swissair, les banques, l'école et le travail. Côté risque de division, les sondés ont pointé le doigt sur les problèmes de génération et l'opposition ville-campagne. Pour le professeur Matthias Steinmann, patron du service de recherches, il ne s'agit pas d'une étude qui enfonce les portes ouvertes: «Nous pouvions nous douter des résultats, mais désormais nous avons des chiffres et une méthodologie solide. Personnellement, je suis étonné de voir la place des banques et la très forte adhésion des Alémaniques au service publique.»

La SSR a le triomphe modeste. «Nous n'allons pas faire de campagne de communication sur ces résultas explique Josepha Haas. Nous les utiliserons simplement dans notre travail normal de contact avec les parlementaires», et de conclure - avec une certaine jubilation: «Les attaques contre le service public cachent souvent des intérêts personnels. L'étude nous montre que les Suisses y sont attachés. Et notre devoir c'est de satisfaire le peuple, non?»