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La TSR mise sur les humoristes pour animer ses samedis soir

Alors que la Rose d'Or de Montreux ouvre ses portes aujourd'hui, Grégoire Furrer Productions dévoile son projet d'émission de divertissement pour la TSR, un concept clé en main à 160 000 francs.

Si les humoristes ont toujours eu une place de choix dans les émissions de variétés de la TSR, il est plus rare qu'ils aient individuellement la vedette d'un programme sur mesure, voire qu'ils en prennent le rôle d'animateur. Ainsi d'Anne Roumanoff, qui coprésente avec Olivier Delaloye Melting Potes samedi prochain, ou de François Silvant qui, le 22 juin, inaugurera son premier show télévisé, mis sur pied par Grégoire Furrer Productions (GFP).

Dans ses nouveaux bureaux montreusiens qui surplombent le lac, Grégoire Furrer, fondateur et directeur de GFP depuis 1994, dévoile posément la teneur de la première émission que sa société produit pour la TSR. Un programme unique – pour l'instant – avec en vedette l'humoriste suisse: «Sur le même modèle que les programmes de comiques américains, comme le Cosby Show ou le Drew Carey Show, Silvant se met en scène en interprétant plusieurs de ses propres personnages, dont Madame Pahud et Jacqueline.» Scénario de François Rollin (un des premiers auteurs des Guignols) et confirmation enthousiaste de François Silvant sous le bras, Grégoire Furrer a convaincu la TSR du bien-fondé du projet, livré clé en main pour un budget de 160 000 francs. «Ce qui a décidé la TSR, c'est que nous nous occupions de tout. A partir du moment où ils ont confirmé la commande, je n'ai pas hésité, j'ai foncé. En Suisse, ce genre de produit est neuf. L'idée n'est pas de montrer un spectacle filmé, mais bien de faire un produit purement télévisuel, qui en utilise les moyens, telle la surimpression permettant de voir Silvant parler à Silvant.»

Grégoire Furrer avoue que cela fait près de dix ans qu'il a envie de réaliser en Europe un concept qui fait fureur dans les pays anglo-saxons: «Je suis convaincu qu'après la real-TV, l'avenir des chaînes est à la comédie, affirme-t-il. J'en avais parlé avec Elie Kakou d'abord, puis Elie Semoun, mais je me retrouvais confronté à deux problèmes: soit les chaînes voulaient signer pour vingt numéros – hurlement des artistes –, soit elles étaient réticentes au format de 26 minutes, durée idéale pour ce genre de produit.» Une limite qui ne l'empêche pourtant pas de proposer un «Silvant Show» de 75 minutes! «C'est vrai que nous avons un peu triché. En fait la prestation de Silvant dure 25 minutes, le reste consiste à faire intervenir ses amis artistes.» Un compromis qui convient autant à GFP qu'à la TSR.

«Malgré nos moyens limités, l'offre que nous faisons aux téléspectateurs est grande», sourit Serge Minkoff, chef du divertissement à la TSR, heureux que l'on vienne frapper à sa porte pour lui soumettre concept sur concept. Il propose à chacun la même enveloppe budgétaire, à prendre ou à laisser, «mais personne n'a encore refusé.» Outre la diversité au niveau de la programmation, le fait de donner son accord pour une émission pilote, et non pas pour une série de plusieurs numéros, n'engage pas la TSR, qui pourra ainsi à loisir reconduire celle qui aura fait les meilleurs résultats. «Cela nous coûte de toute façon moins que d'acheter les droits d'un concept d'une émission déjà existante, comme 72 heures pour gagner. On ne nous y reprendra plus!»

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