Sur les réseaux

Sur Twitter, le roi Salman mieux qu’Obama

Le projet Twiplomacy mesure l’influence des leaders politiques sur le réseau social. Le monarque saoudien y fait une belle ascension

Derrière les papes de Twitter Barack Obama et François, d’autres leaders connaissent une ascension spectaculaire sur le réseau social. Salman, le roi d’Arabie saoudite, est même plus influent que le président américain car, en moyenne, les messages du monarque sont partagés quatre fois plus que ceux de Barack Obama.

Le succès de son tweet annonçant son accession au trône en janvier 2015 y est pour beaucoup: Il a été retwitté 380 000 fois, soit le second message le plus partagé après la fameuse photo de Barack Obama enlaçant son épouse Michelle juste après sa réélection en 2012. Voici quelques-unes des conclusions de l’étude Twiplomacy, dont la quatrième édition vient d’être publiée.

Twiplomacy? L’art de faire de la diplomatie en 140 caractères. A ce petit jeu, le locataire de la Maison-Blanche et le souverain pontife occupent toujours le haut de l’affiche. Le premier avec près de 57 millions d’abonnés, le second avec bientôt 20 millions de fidèles. A noter que le pape argentin multiplie les pains, puisqu’il twitte en neuf langues. Sur la troisième marche du podium, on trouve un autre nouveau venu: le premier ministre indien, Narendra Modi (10 millions de followers), un score à relativiser par rapport au milliard d’Indiens. «Les pays très peuplés ou avec une forte pénétration du réseau ont un avantage. Et, dans certains pays, l’audience du président est une question d’honneur national», note l’étude, réalisée par l’agence de communication Burson-Marsteller.

L’initiateur de ce projet, Matthias Lüfkens, explique que «twitter est un reflet fascinant des relations internationales». «Le rapprochement entre l’Iran et les Etats-Unis a coïncidé avec des connexions entre dirigeants des deux pays. En septembre 2013, le Département d’Etat américain a suivi le président, Hassan Rouhani, et le ministre des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, ce dernier s’abonnant en retour au compte de John Kerry.

Champion de l’audience sur Twitter, Barack Obama est loin d’être le plus connecté avec ses homologues étrangers. «Normal, ce compte avait été activé comme un outil de campagne électorale. Il reste avant tout destiné au public américain», analyse Matthias Lüfkens. Le ministre le plus connecté avec ses pairs est le Français Laurent Fabius, suivi du Ministère russe des affaires étrangères. Fait notable, le Quai d’Orsay twitte en français, mais aussi en anglais et en arabe.

Compte personnel ou institutionnel? Les premiers sont mieux suivis. Mais, quand leur titulaire quitte les projecteurs du pouvoir, les abonnés suivent aussi. Prévoyante, la Maison-Blanche a d’ores et déjà réservé le compte @POTUS, pour President of the United States, pour le prochain occupant du Bureau ovale. Barack Obama, lui, devra trouver d’autres assistants pour gérer son compte. Car, vous vous en doutiez, rares sont les dirigeants à twitter eux-mêmes.