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Sur Twitter, un festival de gags vise Sepp Blatter

Mercredi sur Twitter, le gagnant toutes catégories était l’affaire de la FIFA. Son président excite avec panache l’ironie des twittos

Qu’une vague d’arrestations aussi spectaculaires que celles des sept personnes interpellées par la police survienne à l’heure du laitier à Zurich dans le cadre de soupçons de corruption à la FIFA et c’est le tsunami sur les réseaux sociaux.

En tête des applications, dans le cas présent, Twitter, dont le fil «pisse» – il n’y a pas d’autres termes – à jet continu chaque nanoseconde que le Seigneur fait. Le monde entier répercute, commente, ricane, et attend d’assister aux prochains épisodes.

Dans ce contexte, une visualisation passionne, celle de l’application Trendsmap. Parce qu’on y découvre, distribués sur une carte du monde, les mots clés utilisés par les twittos pour signaler l’événement. Des mots clés qui font symptôme. Et donc en disent long, très long sur la perception de l’affaire.

Car passé le hashtag qui tombe le plus communément sous le sens, #FIFA, quel est le second qui le talonne sous toutes les latitudes linguistiques? #corruption. Qui se décline #corrupción, #corruzione, #korruption. Et tôt ce matin (cela bouge ensuite au cours de la journée), on doit constater que c’est le mot clé favori des Etats latins du pourtour méditerranéen.

Si ces Etats pointent une réalité dont ils sont par ailleurs gangrenés, le mot clé germanophone qui interpelle quant à lui pour qualifier aussi l’affaire, c’est… #funktionäre. Parce que ce sont des «fonctionnaires de la FIFA» que l’on a cueillis, tôt mercredi matin, dans le noble Baur au Lac. Et parce que le public germanophone aime plus généralement à fustiger, dans une société tendant à l’égalitarisme, tous les «fonctionnaires» qui abuseraient de la position que leur confère leur statut réputé immaculé.

Un autre hashtag crève les yeux et les tympans, partout autour du monde, c’est le lapidaire #suisse, #swiss, #switzerland, #suiza.

Il en dit long sur les associations d’idées que ne manquent pas de provoquer la nationalité du président de la FIFA, la localisation du quartier général de la fédération, celle du coup de filet et, enfin, la récurrence d’affaires bancaires et fiscales qui ont pointé nos instituts et notre pays. On ajoutera à cette liste #Zurich, très en pointe aussi.

Et puis, bien sûr, il y a la coalescence des mots clés autour du président, #blatter, #sepp #seppblatter. Leur intense diffusion n’est pas en reste et c’est sous ce signe de ralliement que le déluge des commentaires acides, remarques ironiques et autres perfidies circule le plus communément.

Florilège avec Tim Burgess, chanteur rock alternatif américain: «Waou! Si quelqu’un a besoin de moi, déclare Sepp Blatter, je suis dans mon hôtel en train d’effacer des e-mails.»

Tandis que l’infatigable Magali Philip, journaliste à la RTS, tweete la version hollywoodienne de l’effacement compulsif de courriels, repérée sur le compte Vine de Mullaney Vines, hashtags: #WolfofWallstreet #Delete #Corruption.

Football Tweets offrant, enfin, la variante illustrée version destructeur de documents.

Top Football Jobs s’enquiert, quant à lui, de l’avenir du président: «Hey Sepp, il y a un job vacant de manager commercial au FC Macclesfield. Intéressé?»

The Poke enfonce le clou: «Breaking: Sepp Blatter écrit au FBI.» Accompagne le tweet une photo de la lettre avec un beau billet de 5 euros pour que le FBI oublie tout cela…

Bref, le monde se marre et cristallise sur l’omniprésident toute son ironie.

Quant au compte de Sepp Blatter, muet depuis le 26 mai, il a enfin émis son premier gazouillis à 20h02: «We welcome the actions of the Swiss & US authorities. Read my statement». «Read my lips» aurait ajouté George Bush senior, «no more corruption»...