Le président Hans-Rudolf Merz déclarait ce jour-là: «La Confédération s’est engagée comme elle ne l’a jamais fait en faveur d’une entreprise. Elle a dû assumer des risques extrêmement élevés pour minimiser les dommages à la réputation que certains représentants d’UBS ont infligé à la place financière suisse et ainsi à tout le pays.» Dès 2001, des cadres de la division de gestion de fortune de la banque avaient mis en place un système qui permettait à leur clients américains d’échapper au fisc de leur pays. Jusqu’à 300 gérants se rendaient alors plusieurs fois par an aux Etats-Unis, se présentant comme touristes. Pour accéder à une clientèle fortunée, ceux-ci comptaient sur un réseau de rabatteurs dans des expositions d’art contemporain ou chez les revendeurs de yacht de Miami. Le château de cartes s’est effondré à l’été 2008 après les confessions d’un ancien gérant, Bradley Birkenfeld. Cet Américain de 43 ans, basé plusieurs années à Genève, a livré les secrets de la banque aux autorités américaines en échange d’une immunité qu’il n’a finalement pas obtenu. Bradley Birkenfeld a été condamné à plus de trois ans de prison alors que son ancien chef, retenu plusieurs semaines aux Etats-Unis, a été finalement libéré. En Suisse, aucun des ex-cadres d’UBS n’a été inquiété jusqu’ici. Le parquet de Zurich évalue toujours la possibilité d’ouvrir une enquête pénale. Les modalités de mise en œuvre de l’accord entre la Suisse et les Etats-Unis seront décisives, non seulement pour la banque mais pour la place financière helvétique dans son ensemble. La transmission de 4450 noms de clients américains, dans le cadre d’une procédure d’entraide administrative, modifiera durablement le secret bancaire.

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