Créé en 1938 par Lee Byung-chull, Samsung était au départ une entreprise vendant des aliments séchés et des nouilles. Aujourd’hui, l’empire pèse 220 milliards de chiffre d’affaires annuel et emploie plus de 344 000 personnes. Diversifié dans les armes, les bateaux et les assurances, Samsung est un «chaebol» typique à la sauce sud-coréenne: un enchevêtrement d’entreprises ayant tissé des relations complexes entre elles via des participations croisées. Samsung, c’est aujourd’hui un groupe d’une septantaine de firmes. Si la partie électronique est la plus connue, elle n’a été créée qu’en 1969 pour représenter aujourd’hui, hors de Corée, le fer de lance du «chaebol».

Un «chaebol» qui prend depuis plusieurs mois des airs de Dallas via les luttes intestines qui se déroulent à son sommet. Les héritiers Lee ne possèdent qu’environ 1% des actions du groupe, mais le contrôlent via des mécanismes financiers complexes. Lee Kun-hee (70 ans), fils de Lee Byung-chull, dirige le groupe depuis 1987. Mais depuis des mois, ses frères et sœurs demandent, pour l’heure en vain, que des actions leur soient cédées pour une valeur de quelque 850 millions de dollars. Lee Kun-hee refuse et vient de placer son fils, Lee Jae-yong, directeur de la division Samsung Electronics.

Considéré par Forbes comme étant à la tête d’un patrimoine de 10,8 milliards de dollars, Lee Kun-hee a fait savoir ce printemps qu’il comptait se battre jusqu’en justice face aux prétentions de ses frères et sœurs.