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Un djihadiste néo-zélandais piégé par la géolocalisation

«Kiwi Jihadi», un djihadiste néozélandais, s’est rendu compte seulement ces derniers jours que ses messages sur Twitter permettaient de suivre précisément tous ses déplacements: pas super, quand on bouge tout le temps pour brouiller les traces...

C’est une organisation canadienne spécialisée dans le suivi des djihadistes, Ibrabo, qui a découvert il y a trois mois qu’une de ses cibles, un Néozélandais parti combattre aux côtés du groupe Etat islamique, n’avait pas désactivé la géolocalisation de son compte Twitter. Autrement dit, étant donné la densité de satellites déployés au-dessus de la zone Syrie-Irak, il offrait sur un plateau aux services de renseignement la possibilité de le localiser très précisément. La qualité des photos en témoigne.

Ibrabo raconte dans le détail comment l’affaire a eu lieu dans son blog sous ce titre ironique «un super téléphone tout neuf, et nulle part où pouvoir l’utiliser». Il a fallu 45 tweets à Mark John Taylor, dit Mohammad Daniel, Abou Abdoulrahmane, alias «Kiwi Jihadi» ou encore @M_Taylor_Kiwi de son nom de scène Twitter, pour se rendre compte de sa bévue. Et pour détruire ses messages, ces derniers jours. Trop tard, bien sûr. D’ailleurs même sur la Toile, on peut encore les trouver.
Le Néozélandais était surveillé depuis 2009 après un voyage au Yemen puis au Pakistan où il avait été arrêté. Il est entré en Syrie en juin via la Turquie, comme la plupart des djihadistes. Il avait fait parler de lui en montrant une photo où il avait brûlé son passeport, même si depuis il semble qu’il en ait redemandé un.

Difficile de savoir aujourd’hui si «Kiwi Jihadi» est encore vivant, son dernier compte connu a été suspendu; mais il multiplié alias et identités depuis plusieurs anées. Signe que la vie des djihadistes est dangereuse: l’ami néozélandais avec qui il avait tenté le voyage au Pakistan en 2009 a été tué l’année dernière par un drone. Le détail intéressera les psychologues: le jeune homme suit de près ce qu’on raconte de lui «au pays», puisque dans ses tweets aujourd’hui détruits, il cite et prend à partie les médias néozélandais...

Cet automne, l’organisation Etat islamique a demandé à ses membres et sympathisants de redoubler de prudence et de de réduire leur présence sur les réseaux sociaux, qui restent cependant leur principale source de recrutement. L’organisation aurait même récemment interdit l’utilisation d’appareils Apple. La mésaventure du Néozélandais en tout cas suscite la moquerie sur le Net.

Dans un registre bien différent, la géolocalisation avait joué le même genre de tour à une délégation d’UDC qui s’était rendue en Iran en avril de l’année dernière. Tenu secret, en une époque où l’Iran fait l’objet de sanctions internationales fortes, le voyage avait été maladroitement dévoilé par des messages sur Twitter géolocalisés. Les twitts ont depuis été supprimés.

Facebook, Instagram et Flickr proposent aussi des options de géolocalisation. Il convient de bien vérifier ses paramètres pour chaque application, et ne pas oublier que sur un smartphone, la géolocalisation est la plupart du temps activée par défaut, notamment pour les photos.

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