Les cendres volcaniques présentent différentes caractéristiques qui les rendent dangereuses pour des avions en vol. Elles sont à la fois extrêmement fines (quelques millièmes de millimètres) et extrêmement dures (donc abrasives). Ce qui signifie qu’elles s’insinuent partout et que partout elles causent des dégâts.

Ces poussières raient les vitres des cockpits jusqu’à réduire la visibilité des pilotes, endommagent les fuselages, assombrissent les phares et alourdissent les appareils. Mais ce ne sont encore là que des peccadilles. Le pire est qu’elles paralysent les moteurs en bouchant les injecteurs de carburant et en érodant les pièces mobiles.

Si aucun accident mortel n’a eu lieu à ce jour, une centaine d’incidents ont été signalés depuis les années 1980. Dont certains ont été très sérieux. L’épisode le plus connu remonte à 1982. Un avion assurant le vol Londres-Auckland s’est alors retrouvé au milieu de cendres dégagées par un volcan javanais. En quelques instants, ses quatre moteurs se sont arrêtés. A alors commencé le plus long vol plané non volontaire de l’histoire de l’aviation. Le pilote est parvenu à maintenir son appareil suffisamment longtemps sous contrôle pour l’extraire du nuage, faire redémarrer trois de ses quatre réacteurs et atterrir en urgence à Djakarta.

Le défi est d’autant plus sérieux que les nuages de cendres sont difficiles à distinguer des nuages ordinaires, à l’œil comme au radar. L’Organisation de l’aviation civile internationale a par conséquent mis en place une «veille volcanique internationale des routes aériennes». Soit un réseau de neuf stations spécialisées, qui observent jour après jour la formation et le déplacement des cendres volcaniques et conseillent régulièrement les pilotes sur les routes à suivre et celles à éviter.