Court-circuit

Un Suisseà la tête d’Internet

La nouvelle est passée sous les radars des médias traditionnels. Et seuls quelques sites spécialisés l’ont relayée. La semaine passée, un Suisse, Thomas Schneider, a été élu dans les plus hautes sphères de l’Internet mondial. Cet homme de 42 ans, actuel chef suppléant du Service des affaires internationales de l’Office fédéral de la communication, sera, à compter de février 2015, président du comité consultatif gouvernemental (Governmental Advisory Commitee, GAC) de l’Icann.

Une nomination dans un organe a priori très technique, mais de la plus haute importance. Rappelons que l’Icann, organisation privée, est notamment chargée de la gestion des noms de domaine sur Internet. Elle se trouve actuellement à une période cruciale: contrôlée directement par les Etats-Unis, l’Icann, sous la pression de pays tiers, pourrait devenir indépendante fin 2015. Ce changement majeur, Thomas Schneider sera en première ligne pour le suivre et le diriger. En effet, le Governmental Advisory Commitee qu’il va présider a une influence directe sur le comité directeur de l’Icann, qui reprend en grande partie ses recommandations.

C’est donc un Suisse qui sera au cœur de ces bouleversements, qui s’effectueront a priori accompagnés de vives tensions. Les Etats-Unis ont prévenu la semaine passée qu’ils s’opposeront à ce qu’un autre pays prenne le contrôle de l’Icann – on pense à la Chine et à la Russie, par exemple. Insuffler de la démocratie au sein de l’Icann s’annonce comme un défi majeur.