Le 17 août à 18 h 30, les Romands vont découvrir le dernier-né de la TSR, Tout à l'heure. Entre Top Model et le Téléjournal, ce programme d'information régionale devra tenir en haleine les téléspectateurs une heure durant, du lundi au vendredi. En direct du studio de Lausanne, Isabelle Biolley, 37 ans, et Didier Pradervand, 34 ans, présenteront en alternance le journal dans un décor réduit à sa plus simple expression: trois tables en verre placées devant une régie numérique, en fond. «Nous avons opté pour une présentation conviviale qui corresponde à l'heure d'écoute» explique François Chatton, producteur de Tout à l'heure. Alors qu'Isabelle Biolley était correspondante dans le canton de Fribourg pour la Radio romande, Didier Pradervand travaillait dans la même maison à la rubrique économique. Les deux présentateurs ne se cantonneront pourtant pas au studio puisqu'ils seront amenés à parcourir la Suisse romande dans un car mobile: «C'est la raison pour laquelle je me suis lancé dans ce défi» commente Didier Pradervand.

Cette nouvelle génération de présentateurs n'est pas tombée du ciel. Elle s'inscrit dans une série d'innovations amorcées par la TSR afin de se rapprocher du public romand. Le directeur Guillaume Chenevière parle de «tournant historique» dans le studio de Lausanne qui est «plus qu'un symbole». Car si la TSR a souvent été accusée d'être plus genevoise que romande, elle tente désormais de corriger le tir en cherchant à s'ancrer dans les cantons. Pour se donner les moyens de ses ambitions, elle a triplé ses effectifs dans les six rédactions régionales. En tout 80 collaborateurs œuvreront à ce programme dont 12 en Valais, 10 à Fribourg, 9 à Moutier, 13 à Lausanne, 11 à Neuchâtel et 6 à Genève. Parmi eux, quelques figures connues comme Marie-Ange Schoeplin mais surtout beaucoup de jeunes journalistes. Coût de l'opération: dix millions par an.

Divisé en huit modules à l'image des rubriques d'un journal, Tout à l'heure se décline autour d'un vocable générique. L'émission débute par Tout temps pour enchaîner sur Tout en région, Tout chaud. Elle se termine par Tout sport (lire ci-contre). But annoncé: donner un ton nouveau à l'information et décaper son vernis institutionnel. Si la TSR veut être «au coin de la rue» en recourant souvent au direct, elle devra aussi s'installer dans les foyers. La formule prospective de Tout à l'heure devra éviter certains écueils: longueurs et lenteurs sanctionnées par un zapping intempestif. Le pari de l'information supracantonale n'est pas encore gagné. Et personne ne peut aujourd'hui garantir qu'un téléspectateur vaudois patientera devant son poste en attendant les sujets qui le concernent directement.

Ce concept d'information serait en outre impossible à mettre en place sans l'appui des dernières nouveautés audiovisuelles. Caméras digitales, bancs de montage numériques, transmission par fibres optiques permettent en effet aux rédactions régionales de travailler de manière autonome.

Terminée l'époque où les sujets étaient montés à Genève. La TSR veut bousculer les habitudes devant et derrière le petit écran. Les métiers traditionnels laissant la place à de nouveaux journalistes, les JRI (journaliste reporter d'images). Neuf techniciens audiovisuels sont également en cours de formation pour se familiariser avec le système numérique ATM.

Un changement qui a valeur de petite révolution à la TSR: «En terme d'information, cette autonomie se répercute dans le concept éditorial» explique Philippe Mottaz. Le directeur de l'information ne cache pas que si la TSR posera le même regard sur la Suisse romande que sur le reste du pays et du monde, c'est aussi un moyen d'élargir la représentativité des acteurs sur la chaîne. Ses responsables attendent beaucoup des nouvelles technologies mises à disposition des journalistes: «Ces outils sont libérateurs de créativité, commente Philippe Mottaz. Je crois que cela se remarque.» Verdict le 17 août.