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Encore une année de récession

Le Portugal devrait retrouver la croissance en 2014

Ce n’est pas encore en 2013 que le Portugal sortira de la récession et renouera avec la croissance. Selon des chiffres publiés jeudi, le recul a été plus prononcé qu’attendu en 2012, à 3,2%. La récession s’est aggravée au dernier trimestre, puisque l’activité a décliné de 3,8% en rythme annuel. Le pays devrait voir à nouveau son produit intérieur brut (PIB) reculer cette année. De 1%, selon le gouvernement. De près du double, selon la banque centrale. Il s’agira de la troisième année de recul pour le pays, qui avait dû appeler l’Europe à l’aide il y a près de deux ans.

Pour les économistes, les mesures d’austérité drastiques expliquent le repli de l’activité économique l’an dernier. Sandro Mendonça, économiste portugais spécialisé dans les questions de compétitivité, estime que, dans ce contexte, le chômage pourrait atteindre le niveau record de 17%. Il voit cependant aussi des améliorations. «Les secteurs qui sont tournés vers les exportations croissent à un rythme élevé, malgré les difficultés des principaux partenaires économiques du pays. Les produits sont de plus en plus diversifiés et vendus en Europe, mais aussi au-delà», assure-t-il.

«Qu’une flèche à son arc»

Le Portugal a, en outre, profité de l’embellie sur les marchés depuis l’été dernier. Les taux d’intérêt que paie le pays pour emprunter à 10 ans, alors largement au-dessus de 10%, sont retombés autour des 6% au début de cette année. Ainsi, Lisbonne a pu placer, en début d’année, son premier emprunt sur les marchés depuis le sauvetage.

La croissance devrait revenir en 2014. L’activité devrait s’accroître de 1%, selon le gouvernement. La même année, la dette publique devrait atteindre son pic, à 122,3% du PIB, selon les projections du Fonds monétaire international (FMI). Quant au gouvernement, qui a déjà raté son objectif de déficit public en 2012, il estime pouvoir le ramener à 4,5% cette année, puis à 2,5% en 2014. «Le gouvernement portugais n’a qu’une flèche à son arc, l’austérité. Et ce malgré l’évidence économique, qui montre que ces politiques sont néfastes et même destructrices», juge Sandro Mendonça.

Pour Luis Faria, fondateur et président du think tank Contraditorio, le Portugal a surtout besoin de réformes, notamment pour améliorer la concurrence et le marché du travail, alors que le gouvernement se concentre sur des hausses d’impôts.

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