Dimanche dernier, fin d’après-midi. A mi-chemin entre deux sites web, c’est soudain le choc. L’écran devient blanc, puis s’af­fiche immédiatement un message en rouge, et en alle­mand, «L’accès à votre ordinateur a été bloqué».

Sueurs froides en parcourant rapide­ment le reste de la page, où figurent pêle-mêle le logo de la Confédération, celui de la Suisa, la coopérative des auteurs et éditeurs de musique, et celui des CFF. Cinq secondes pour comprendre que j’ai été pincé parce que je suis en train de télécharger illégalement de la musique.

Dans un réflexe totalement idiot, je me précipite vers mon modem pour l’éteindre. Revenu vers l’écran, je retrouve mes esprits en lisant – toujours en allemand – que le télé­char­gement illégal de musique peut conduire à une peine de trois ans de prison. Hum, minute. Je n’étais pas en train de télécharger des chansons. Et ce n’est de toute façon pas punissable en Suisse. Mais mon PC, lui, est bel est bien bloqué. Seule solution pour y remédier, acheter une PaySafe Card de 75 francs dans une gare CFF et la dépenser en tapant son code sur l’écran.

C’était bien sûr une tentative de racket, repérée en mars déjà par la Suisa . Un cheval de Troie bien conçu, difficile à supprimer de l’ordinateur, et qui a sans doute fait plusieurs victimes. De quoi nous rappeler que le surf demeure une activité non dénuée de risque. Et l’e-mail aussi: la semaine passée, une étude de Symantec indiquait qu’en 2011, en Suisse, un e-mail sur 368 était malveillant.