Les journalistes américains qui ont couvert la sortie du dernier James Bond ont récemment eu une désagréable surprise. Le DVD promotionnel qui figurait dans le dossier de presse s'est tout simplement auto-détruit, 36 heures après sa première utilisation. Il ne s'agissait pas d'un problème technique, mais d'une opération marketing habilement menée par la société new-yorkaise Flexplay. Celle-ci vient de développer une technique permettant à l'éditeur d'un DVD de décider précisément à partir de quand son produit sera périmé, dans une fourchette de 8 à 60 heures. Secret industriel oblige, Flexplay ne détaille pas sa technique de fabrication. Mais il semblerait que la surface du disque s'oxyde avec le contact de l'air, ce qui le rend DVD illisible. Une autre société américaine active sur le même créneau, Spectradisc, crée des disques dont la qualité s'altère rapidement avec le contact du rayon laser des lecteurs.

Quelle est l'utilité de périmer des DVD, réputés précisément pour leur durée de vie exceptionnelle? Avant tout pour lutter contre les copies illégales, fléau que les grands éditeurs américains de musique et de films tentent de combattre par tous les moyens. Ainsi, la promotion de nouveaux titres pourrait désormais passer par les DVD jetables, à l'image de James Bond ou du DVD jetable contenant des clips vidéo de plusieurs artistes nominés distribués aux invités de la dernière cérémonie des MTV Video Music Awards Latin America.

Récemment interrogé par le New York Times, Alan Blaustein, directeur de Flexplay, entrevoit un autre débouché pour ses produits: la promotion. L'industrie musicale peine en effet, pour l'heure, à convaincre les acheteurs de CD de se procurer les DVD de leurs artistes préférés, contenant clips vidéo, interviews, etc. Ainsi, un groupe de hip-hop américain, Nappy Roots, a récemment offert un DVD jetable à l'achat de son CD. Le but: inciter ses fans à se procurer le DVD intégral pour une vingtaine de francs. De son côté, Spectradisc vise particulièrement les clients des vidéoclubs, surtout les plus paresseux d'entre eux, puisqu'ils n'auront plus besoin de rapporter les DVD au magasin…

Reste pourtant encore deux obstacles à surmonter. Le premier est de taille, puisque les DVD jetables ne seraient pas encore protégés contre la copie. Il faudra également convaincre les utilisateurs à la conscience écologiste affirmée d'opter pour ces produits jetables. Flexplay promet de recycler les DVD qui lui sont renvoyés.