Lorsqu'Ingmar Bergman annonce en 1983, à l'âge de 65 ans, qu'il ne tournera plus de films, le scepticisme est de mise. Personne n'a eu tort. Le cinéaste a tenu parole dans la mesure où il n'a effectivement plus jamais tourné pour le cinéma. Mais l'image le démangeait sans doute, et on l'a vu revenir dès l'année suivante avec un téléfilm (forme qu'il pratique depuis 1957). Parallèlement, il a continué de plus belle à mettre en scène au théâtre et s'est mis à écrire Mémoires, pièces et scénarios. Hors de Suède hélas, sa carrière était devenue difficile à suivre. Tentons donc un bilan de ces quinze dernières années.

En 1984, Bergman tourne Après la répétition, avec Erland Josephson et Lena Olin, distribué dans certains pays. Deux ans plus tard, c'est Les Bienheureux, avec Harriet Andersson (montré au festival Cinéma Tout Ecran l'an passé). En 1987, il publie un premier ouvrage autobiographique, Laterna magica. Ont suivi des scénarios d'inspiration autobiographique, portés sur le grand écran par son fils Daniel (Les Enfants du dimanche) et le Danois Bille August (Les Meilleures intentions). Deux de ses mises en scène de théâtre, La Marquise de Sade et Les Bacchantes, sont enregistrées pour la TV, sans doute par d'autres. Enfin, Bergman revient à la réalisation en adaptant sa propre pièce Le Dernier cri (1995). Dernièrement, il a confié à Liv Ullmann, devenue cinéaste, deux nouveaux scénarios, Entretiens privés et Sans foi.

N. C.