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Une société promet des virements internationaux sans frais bancaires

Un cauchemar pour les banques? Une société estonienne lancée par des concepteurs de Skype et Paypal réinvente les transferts d’argent en mettant en relation des personnes ayant des besoins de change complémentaires. Frontaliers, ne pas s’abstenir

Vous en avez assez de payer des frais bancaires sur vos virements internationaux? TransferWise, un nouvel outil internet lancé par deux Estoniens passionnés de hightech, permet d’effectuer ce type d’opérations sans passer par les banques.

«Adieu les banques, vous avez fait votre temps!», raille le site internet fondé par Taavet Hinrikus et Kristo Kaarmann, 31 et 32 ans, spécialistes des systèmes d’appels internet gratuits Skype et de paiement en ligne Paypal.

TransferWise, lancé en janvier 2011 et dont l’utilisation est facturée 1 livre sterling (1,2 euro) pour tout transfert d’argent jusqu’à 230 euros (0,5% au delà), a déjà généré 60 millions d’euros de chiffre d’affaires et la croissance est de 20% par mois, assurent-ils.

Les virements internationaux suscitent des frais bancaires compris généralement entre 3% et 6%, avec des taux de change arrondis en faveur des opérateurs.

TransferWise a des clients dans toute l’Europe et plus particulièrement en Grande-Bretagne, en France et en Espagne, selon ses dirigeants.

Hinrikus était le directeur de la stratégie de Skype jusqu’en 2008. Kaarmann était consultant pour les cabinets d’audit Deloitte et PricewaterhouseCoopers avant de lancer TransferWise.

L’idée leur est venue alors que Hinrikus vivait à Londres et réglait ses dépenses en livres mais était payé en euros par Skype, société basée dans son Estonie natale. Kaarmann de son côté était payé en livres à Londres mais il remboursait sa maison en euros à Tallinn.

«Nous avons constaté que nous avions des besoins de change complémentaires et nous avons commencé à changer de l’argent entre nous au taux médian du marché -- le taux que vous trouvez dans les journaux, pas le taux majoré que vous propose votre banque», dit Hinrikus à l’AFP.

«On s’est rapidement rendu compte qu’on économisait une fortune en évitant les virements internationaux et on s’est dit que ce serait peut-être une bonne idée commerciale. C’est ainsi que TransferWise est né», ajoute-t-il.

Une idée toute simple

Le système consiste à relier des gens ayant des besoins de change complémentaires.

Ainsi, un client en Grande-Bretagne qui veut envoyer de l’argent chez lui en Estonie peut mettre des livres sur un compte TransferWise, explique Hinrikus. La société recherche alors un client en Estonie qui a besoin de faire la même opération en sens inverse et l’invite à déposer ses euros sur TransferWise, ajoute-t-il.

Au lieu d’envoyer l’argent d’un pays à l’autre, TransferWise verse à chaque client le montant demandé converti en livre ou en euro au taux de change médian du marché à un coût très réduit.

Mais le système ne pourrait-il pas être détourné pour blanchir de l’argent?

Donata Huggins, porte-parole de TransferWise, assure que ce service a reçu l’approbation de la Financial Services Authority (FSA), l’organisme chargé de la réglementation de l’industrie des services financiers au Royaume-Uni.

Ce qui signifie qu’il est soumis aux mêmes règles commerciales que les banques au Royaume-Uni. «Les fonds de nos clients sont placés sur des comptes séparés des comptes bancaires d’affaires», précise-t-elle.

TransferWise emploie 25 salariés et a reçu environ 1 million d’euros d’investissments provenant de différentes sources, comme le fondateur de Paypal, Max Levchin et l’homme d’affaires français Xavier Niel, co-actionnaire du quotidien Le Monde et patron de Free.

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