Un placard sans rapport avec ses compétences, ce pôle «TSR interactive» que s'apprête à diriger l'ancien rédacteur en chef Philippe Mottaz? «Un défi passionnant», rétorque l'intéressé, qui se dit rien moins que «très excité et heureux». A l'entendre, le pari est «de réfléchir à l'avenir de la TV» tout en concevant des «contenus» spécifiques aux nouveaux médias. Outre le fait qu'elle rassemblera l'ensemble des services informatiques de la TSR, cette cellule disposera de ses propres journalistes – c'est déjà le cas de la division «téléjournal» de tsr.ch, qui en emploie huit – et autres «producteurs de contenus». Elle misera donc sur «la valeur ajoutée, pas seulement une mise à disposition de programmes réalisés pour l'antenne».

A ce propos, la production de l'information devrait être entièrement numérisée en août prochain. Le travail des journalistes pourra ainsi être déployé dans une logique dite de multiplateforme, soit à l'antenne, sur le réseau, en UMTS, etc.

Les responsables de TSR Interactive seront aussi concernés par les débats parlementaires à venir. Le Conseil fédéral propose en effet de supprimer le sponsoring dans les programmes SSR, mesure qui toucherait les sites Internet. Cependant, tsr.ch comporte déjà un mélange de parrainages et de publicité: nul doute que la parade se prépare dans les hauteurs de la Tour si les parlementaires venaient à suivre le gouvernement.

Enfin, ce pôle aura à faire des choix d'importance en matière de nouvelles technologies. La TV interactive en est encore au stade embryonnaire sur les bords du Quai Ernest-Ansermet, mais la TSR devra bien amorcer ce virage un jour ou l'autre. De manière à offrir, par exemple, à ses fidèles la possibilité de voir, via le câble, le TJ ou des films sur demande. Philippe Mottaz met en exergue le fait qu'un «homme de contenu» présidera donc à ces développements: «C'est un choix important, car au citoyen qui paie sa redevance et exige davantage d'interactivité, nous voulons répondre en proposant du sens.» Surtout que face aux nouvelles technologies, «la télévision doit se réinventer», lance Christophe Rasch, responsable éditorial de tsr.ch. Vaste tâche.