Le WiMax n'a beau être qu'en développement, les cabinets de recherche se hasardent déjà à estimer le nombre d'utilisateurs de cette technologie dans le futur. Selon la société américaine In-Stat, 8,5 millions de personnes utiliseront le WiMax d'ici à 2009, soit 3% des utilisateurs de réseaux à haut débit, toutes technologies confondues. Trois pour cent, c'est finalement un chiffre très faible par rapport aux promesses du WiMax. Pourquoi si peu? Surtout parce que les opérateurs de WiMax sont souvent les mêmes qui exploitent des réseaux câblés ou téléphoniques (ADSL), et ils craignent de cannibaliser les offres d'Internet à haut débit qu'ils proposent déjà.

Du coup, ce sont surtout des collectivités publiques qui se lancent dans le WiMax. En France, le département de la Vendée a ainsi versé 5 millions d'euros à l'opérateur Altitude Télécom pour qu'il équipe la campagne en WiMax. Actuellement, vingt stations WiMax sont en cours d'installation pour couvrir tout le département. Le modèle tarifaire est déjà connu. Il en coûtera aux particuliers 39 euros (60,50 francs) par mois pour une connexion à 1 Mbit/s. L'abonnement dure deux ans au minimum, et une caution de 150 euros est demandée. Au final, Altitude Télécom espère compter rapidement 100 000 abonnés, puisque l'Orne, le Calvados et l'Hérault ambitionnent également de s'équiper en WiMax. Dans ces départements, l'installation de cette technologie vise avant tout à proposer du haut débit là où ni l'ADSL ni le câble ne sont disponibles. A Monaco, qui s'équipe aussi en WiMax, la motivation est tout autre, puisqu'il s'agit de permettre aux propriétaires de yacht de surfer sur le Net depuis leur bateau.

Aux Etats-Unis, les projets ne sont guère avancés. Certes, la municipalité de Philadelphie envisage de couvrir 60% de la ville en WiMax, et une centaine d'autres villes américaines ont des projets similaires, selon l'institut de recherche Forrester. Mais le marché semble limité, vu que 85% des ménages américains peuvent d'ores et déjà avoir accès à l'Internet à haut débit. Du coup, le WiMax pourrait surtout prendre son envol dans les pays en voie de développement. Non seulement pour transmettre des données (Internet), mais aussi de la voix, en Voice over IP (VoIP).

Les opérateurs ne peinent pas seulement à élaborer des modèles économiques viables pour le WiMax, ils sont encore confrontés à des problèmes de matériel. La certification des appareils prend en effet du retard. Mais après Siemens et sa technologie SkyMax, Alcatel et Intel ont déjà prévu de lancer leur offre commerciale mi-2006.