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Véronique Sanson et le tueur à gages

A la télévision, dans «On n’est pas couché», la chanteusea confirmé ce qui est écrit dans «Les Années américaines»: elle était trop «con» pour faire éliminer son ex sans se faire pincer

Plus moyen d’allumer son poste TV sans qu’elle soit là. On l’a vue invitée de Zaz (facebook.com/zazofficiel) dans Vivement Dimanche le 4 janvier. Puis dans Alcaline, le mag le 22. Puis dans le JT de 20h sur France 2 le 25. Et encore ce lundi, pour raconter sa «drôle de vie» avec Pierre Palmade, son ex-mari, à Mireille Dumas. Et surtout, surtout: là où elle a vraiment fait sensation, Véronique Sanson, c’était dans On n’est pas couché samedi 24.

Mais reprenons depuis le début. La chanteuse est en promo. Elle vient de sortir un livre d’entretiens (chez Grasset, tout de même). Entame une grande tournée qui passera par l’Arena de Genève le 1er avril, prépare un nouveau disque. Tout cela sous le label Les Années américaines, de 1973 à 1978, le temps béni de ces trois albums écrits et enregistrés aux Etats-Unis avec quelques-uns des plus grands musiciens de la pop américaine: Le Maudit, Vancouver et Hollywood. Les trois incontournables des fans, les meilleurs.

Elle revisite, a posteriori donc. Elle nous fait revivre cette période où, fuyant la France et Michel Berger, elle s’est mariée avec le musicien américain Stephen Stills, du groupe Crosby, Stills, Nash and Young. Cela ne s’est pas très bien passé: la chanson «Etrange comédie» le dit bien, qui évoque ces moments «Pour que j’aie un sourire/Sans limite/On me donne d’étranges médecines/Qui vont du jus d’orange à la cocaïne». Il y en avait peut-être à Hawaii, comme sur cette photographie de famille, un peu inquiète, prise en juin-juillet 1975.

Elle ne veut plus en parler, de cette période, ni de sa dépendance à l’alcool, qu’elle dit guérie. Mais l’autre soir, la page 113 du livre cité plus haut arrive sur le devant de la scène. Véronique Sanson confirme à Laurent Ruquier, à propos de Stills avec qui la relation était devenue insupportable, le divorce indispensable et sanglant: «Oui, j’ai pensé engager un tueur à gages pour éliminer mon mari. Ça ne coûte rien de demander. Et ça ne coûte pas cher d’ailleurs, seulement 8000 dollars. Mais je ne l’ai jamais fait.» Rires un peu gênés dans le public. Elle poursuit: «J’ai pensé aussi à le pousser d’une falaise, d’un bateau… Je ne réfléchissais pas au mal que ça pouvait faire de tuer mais j’avais, par contre, trop peur de me faire prendre. Et je suis tellement «con» et tellement désordonnée que j’aurais laissé traîner un truc, on m’aurait retrouvé et j’aurais dû payer à vie…»

Sous l’article de La Dernière Heure belge qui relate ce moment incroyable, les commentaires des internautes sont allés bon train, entre la «soûlarde notoire» et la «stone de chez stone!» Mais aussi: «Tant mieux pour vous si dans votre vie vous n’avez jamais subi des choses qui vous amenaient à envisager cela. […] Apprenez à la connaître avant de la juger. Vous n’avez jamais songé à tuer des gens, sans passer à l’acte bien sûr? C’est peut-être chez vous qu’il y a un dérangement mental finalement… Et au cas où […], il y a des livres sur elle qui expliquent pas mal de choses, sa vie (assez chahutée, je le concède), ses envies de meurtres, de suicide…»

Elle est comme ça, Véronique Sanson. Elle chante (toujours) divinement. Pour parler, c’est (depuis toujours aussi) plus difficile. Au terme d’un mémorable concert à Genève en 2005, elle avait crié, comme une supplique à la fin d’un marathon de trois heures de musique: «Il faut me piquer!» C’est tout dire. C’est rien dire.