C’était il y a vingt ans tout juste, le 1er mars 1993. Swisscom lançait son premier réseau de téléphonie mobile, le Natel D. Fin 1993, l’opérateur comptait déjà 140 000 clients. Il en dénombre aujourd’hui 6,2 millions. Bien sûr, il y a lieu aujourd’hui de se réjouir de l’essor fulgurant de la téléphonie mobile. Si la qualité des conversations vocales n’a que très peu progressé, celle de l’accès à Internet a connu d’immenses progrès, surtout ces trois dernières années. La généralisation de la 3G, puis les débuts de la 4G depuis quelques semaines, offrent un vaste éventail de possibilités.

Mais cet anniversaire est entaché de zones d’ombre. Ouvert en 1998 seulement à la concurrence, le marché a vu Swisscom s’accaparer facilement 60% des clients, une part d’une stabilité impressionnante ces dernières années. Du coup, l’opérateur, au bénéfice de la meilleure qualité de réseau, dicte sa loi. Pour accéder à la 4G, aucun choix: il faut débourser 169 francs par mois.

L’idée de Swisscom est de faire payer un simple accès: au client d’en faire ce qu’il veut, pour utiliser par exemple des services qui le concurrencent directement, tels Skype, Viber ou WhatsApp. La stratégie est claire. Mais on attend davantage de Swisscom, pour qu’il lance par exemple lui-même des services de téléphonie ou de messagerie innovants. Tant en Suisse qu’au niveau de leur association faîtière internationale, les opérateurs sont encore incapables d’offrir des services à valeur ajoutée, dont ils parlent pourtant depuis des mois.