TÉLÉVISION

Visite dans la cabine du duo Pasteur-Piccard, commentateurs de ski alpin

Alexandre Pasteur, journaliste, et Frank Piccard, triple médaillé olympique, commentent les épreuves de Coupe du monde masculine sur Eurosport. Avec un talent dont s'inspire en direct le journaliste de la TSR

A main gauche, Alexandre Pasteur, journaliste. A main droite, Frank Piccard, consultant, triple médaillé olympique (l'or en super-G à Calgary 88; l'argent en descente à Albertville 92 et le bronze en descente à Calgary 88) et vainqueur de quatre épreuves de Coupe du monde au cours de sa carrière. Ensemble, sans doute l'un des meilleurs duos de commentateurs sportifs francophones sur les épreuves de ski.

A la descente du Lauberhorn disputée samedi, le duo nous accueille dans sa minuscule cabine de commentateurs surplombant l'aire d'arrivée («sans doute la plus petite de toute la saison», bougonne Alexandre Pasteur). Les lieux sont plutôt spartiates: un modeste moniteur pour suivre la course (on ne voit presque rien depuis la cabine) et un autre qui affiche les classements, les chronos partiels, pointes de vitesse, etc.; deux berlingots d'Ovomaltine et trois barres de chocolat énergétique; une petite console et deux casques. Pas grand-chose de plus, si ce n'est la précieuse boîte contenant les fiches sur chaque coureur qu'Alexandre Pasteur remet patiemment à jour après chaque compétition. La complicité fait le reste.

«Ici, à Wengen, nous avons droit à une heure d'antenne dans laquelle il nous faudra glisser cinq blocs de pub, explique Alexandre Pasteur. Nous ne pourrons donc pas aller jusqu'au dernier coureur.» Et si le 45e l'emporte? «C'est un moindre risque: je ne vois pas un dossard élevé signer un succès.»

Alexandre Pasteur et Frank Piccard gagnent leur place de travail environ une heure et demie avant la course. Le temps de mettre les petites fiches dans l'ordre de la liste de départ, de placer à portée de main l'historique de la course et les divers classements du championnat. «Je tiens aussi en réserve quelques anecdotes que j'efface lorsqu'elles commencent à dater, ajoute Alexandre Pasteur. Et surtout des indications concernant les blessures subies précédemment par les athlètes. C'est le meilleur baromètre pour analyser leur carrière.»

12 h 25 précise ce samedi, Frank Piccard résume une dernière fois pour son coéquipier les particularités de la piste du Lauberhorn. Les deux hommes commencent ensuite un ballet finement réglé, orchestré par les grands gestes de Pasteur. «Je ne me vois pas rester statique sur ma chaise, dit-il. Notre commentaire doit transpirer la passion.» Collé à lui, Frank Piccard est beaucoup plus calme: «Je fonctionne au feeling. J'ai bien sûr une ligne de conduite, mais je cherche à minimiser au maximum mes propres souvenirs qui n'intéressent pas les téléspectateurs. Mon but consiste à leur expliquer les diverses manières de skier. Je suis le technicien.»

Alexandre Pasteur présente les coureurs; Frank Piccard analyse leur course, détaille leurs qualités, dissèque leurs erreurs. Jamais de temps mort. Parfois, l'un apporte une précision et son compère marque son approbation par un pouce levé. Seul point noir au tableau: leur tendance à se montrer un peu chauvins lorsque les coureurs sont Français… Mais ils ne sont pas les seuls.

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