Volvo fait déjà rouler dix prototypes

La voiture sans conducteur ou autonome est déjà une réalité en Suède, à Göteborg plus précisément. Une dizaine de prototypes de voitures autonomes, qui ont extérieurement l’aspect – caméras, capteurs et lasers mis à part – d’un modèle classique XC90 de Volvo, roulent dans le trafic normal, sur des routes à peine sécurisées.

Le projet Drive Me, lancé en décembre 2013, a de bonnes chances de déboucher sur la commercialisation des premiers véhicules sans conducteur en 2017 ou 2018 déjà. Volvo a quelques longueurs d’avance puisque les autres constructeurs, y compris Google – qui a annoncé avec fracas entrer dans le monde de la voiture autonome –, ne prévoient pas la mise à disposition de ces voitures avant 2020.

■ Interactif. la voiture autonome par Volvo

Alors que la plupart des constructeurs font des essais sur des routes entièrement sécurisées, avec peu d’obstacles, Volvo fait circuler ses prototypes sur des tronçons de route normaux, au milieu du trafic habituel dans la région de Göteborg. Une cinquantaine de parcours réunissant une grande variété de conditions de circulation ont été choisis.

Routes à peine sécurisées

N’y a-t-il donc aucune sécurisation des lieux? «La principale difficulté que nous avons en ce moment avec ce type de voiture est de la faire fonctionner de manière normale lorsque le trafic est dense en sens inverse, explique Marcus Rothoff, chef du projet Drive Me. Nous avons donc encore placé, pour le moment, un système de barrières pour éviter absolument tout risque de collision avec un véhicule roulant en sens inverse.»

Sur les dix prototypes en circulations, cinq sont complètement équipés et cinq sont utilisés pour tester une partie de la technologie à bord. Le véhicule est conçu pour observer et réagir à tout ce qui l’entoure. Il est relié, par GPS, à un système de repérage qui lui permet à tout moment de mettre en relation l’environnement réel avec le virtuel. Une telle voiture doit en effet être capable de lire tous les panneaux de signalisation, principalement ceux de limitation de vitesse, elle doit pouvoir dépasser et éviter un piéton ou un cycliste.

Voiture truffée de radarset de caméras

Le véhicule dispose d’un important système de capteurs, de radars, de caméras qui permettent d’entièrement reconstituer l’environnement et les conditions de circulation. Les différents types d’obstacles et d’objets sont identifiés sur une distance allant jusqu’à 150 mètres.

Quel sentiment le passager ex-conducteur a-t-il lorsqu’il s’installe dans le véhicule? «On est d’abord surpris de voir le volant tourner tout seul et les freins agir sans aide extérieure, explique Marcus Rothoff. Puis on s’habitue et on apprécie une conduite douce, naturelle. Lorsque ces véhicules seront mis à disposition des clients, ces derniers devront avoir l’impression de se trouver dans un taxi conduit par un excellent chauffeur.»

Pour l’instant, afin de permettre au véhicule de réagir à temps dans toutes les situations, y compris les plus compliquées, sa vitesse est limitée à 70 km/h.

L’étape cruciale pour Volvo et pour l’ensemble de cette technologie sera la mise à disposition, en 2017, de 100 véhicules en mains de conducteurs ordinaires. «Pour l’instant, tout indique que ce plan sera tenu», explique Marcus Rothoff. Le constructeur Volvo, propriété de la société chinoise Geely, n’est pas le seul associé au projet Drive Me. Il s’agit en fait d’un quasi-projet national suédois puisque le gouvernement le cofinance. Le Ministère de la circulation et des infrastructures, et la Ville de Göteborg sont associés à ce développement, de même que l’Université technologique de Chalmers.