Tous les samedis et dimanches, elle est au rendez-vous. Depuis plus d'un an, Béatrice Schönberg présente les journaux du week-end sur France 2 avec un succès certain: sa courbe d'audimat ne cesse de progresser pour atteindre actuellement 26% de parts de marché, en hausse de 1,5 point en un an.

Discrète, la journaliste sait garder ses distances avec la presse people. Le couple qu'elle forme avec le musicien Claude-Michel Schönberg aurait pourtant de quoi alimenter les gazettes: elle est l'une des personnalités les plus appréciées de la télévision française, alors que son mari est reconnu à Londres, Paris et New York comme le compositeur des comédies musicales les plus populaires. Il a notamment écrit la partition des Misérables et de Miss Saigon. Dans les années 70, il avait occupé la première place des hit-parades français avec Le Premier Pas.

«Mon mari était célèbre avant moi, dit Béatrice Schönberg, mais nous avons toujours séparé nos activités privées et professionnelles. Je me méfie du vedettariat, je n'aime pas donner des interviews sur ma vie privée. En revanche, j'accepte toujours de rencontrer la presse s'il s'agit de parler de mon métier.» Parlons donc de métier.

Le dernier maillon

Béatrice Schönberg a débuté en tant que pigiste dans la presse écrite, elle a passé huit ans sur Europe 1 en compagnie de Jean-Pierre Elkabbach avant de rejoindre la Cinq, chaîne privée aujourd'hui disparue. Reporter, puis productrice et animatrice, elle y est restée cinq ans. «Les piges, la radio, les émissions de nuit, il n'y a rien que je n'aie pas fait, raconte-t-elle. Je suis entrée par la petite porte. Je crois que c'est important de pouvoir s'appuyer sur un parcours varié. Si vous n'avez pas un peu de métier, vous n'arrivez pas à présenter un journal de 20 heures. C'est très stressant d'être toujours en direct, avec des images qui n'arrivent pas à l'heure et l'actualité qui change de minute en minute. Un journal n'est pas un tapis rouge. C'est une énorme machine, qui nécessite le concours de cent cinquante personnes, et vous en êtes le dernier maillon. Les téléspectateurs ne se rendent pas compte de cela. Ils croient que tout est facile. Ils s'imaginent par exemple que le présentateur n'écrit pas ses textes.»

Un état d'esprit différent

Après la Cinq, Béatrice Schönberg a donc rejoint la rédaction de TF1, où durant quatre ans elle a présenté le Journal en remplacement de Patrick Poivre d'Arvor et de Claire Chazal pendant leurs congés. C'est Albert du Roy, alors directeur de la rédaction de France 2, qui est allé lui proposer de rejoindre le service public en automne 1997. Il préparait une nouvelle formule du 20 heures qu'il voulait confier au duo Bilalian-Schönberg. La formule a été abandonnée depuis, du Roy a démissionné, Bilalian aussi. Elle est l'unique rescapée de l'aventure.

«Actuellement, j'ai surtout envie qu'on installe ce journal du week-end. On essaie de créer un vrai rendez-vous, de fidéliser les gens. A notre ligne éditoriale particulière, avec un accent très fort sur l'étranger et l'économie, nous ajoutons une partie culturelle qui s'adapte bien à la fin de semaine. Cette formule est rendue possible par le fait que, le week-end, il n'y a pas d'actualité institutionnelle. Je crois aussi que l'état d'esprit est différent surtout pour les gens qui suivent le journal. Le public est plus vigilant car il a plus de temps pour regarder vraiment un 20 heures après une journée de détente.»

La formule semble bien lui convenir. «En travaillant le week-end, on a les mêmes responsabilités que le présentateur de la semaine, mais on est moins un porte-drapeau de la chaîne. Je crois que c'est cela qui m'a préservée.»