«Wetten Dass…?» (Parions que…?) a vingt ans et le succès de l'émission mensuelle de la chaîne allemande ZDF ne se dément pas. Samedi, son animateur fétiche, Thomas Gottschalk a prouvé qu'il n'était pas en perte de vitesse avec – pour l'Allemagne seulement – plus de 25 millions de téléspectateurs collés devant l'émission anniversaire. Il a même fait mieux qu'une finale de Coupe du monde de football. Et tout pourtant s'est déroulé comme d'habitude, selon les règles déjà en vigueur lors de la première, le 14 février 1981, sauf que cette fois, une brochette de stars internationales a dû se plier à la loi des gages. Ainsi, on a vu Kevin Kostner perdre son pari et ingurgiter un énorme dessert, Peter Ustinov être contraint de jouer en direct son rôle d'Hercule Poirot. Plus tard, Janet Jackson a dû se livrer à une valse sans merci avec Gottschalk lui-même, avant d'embrasser Kevin Kostner.

Gottschalk, le kitch qui plaît

Le succès de Wetten Dass…? tient à deux éléments clefs. Le premier, c'est son animateur, qui en a pris les rênes en 1987. La chaîne a beau l'avoir écarté de ses programmes entre 92 et 94, Gottschalk est resté «Mr. Wetten» aux yeux des téléspectateurs germanophones. A cinquante ans, l'animateur est toujours aussi blond. Et outre-Rhin, sa longue crinière dorée est devenue le symbole incontesté du kitsch, tout comme ses tenues: chemises à col pointu, gilets de velours multicolores ou smokings de paillettes affriolants. Wetten Dass…? sans Thomas Gottschalk? Impensable! «Ce serait la Suisse sans montagnes», répond l'animateur. Et Thomas Gottschalk sans Wetten Dass…? ? «Ce serait les montagnes sans la Suisse», ajoute-t-il.

La deuxième raison du succès tient en un concept tout simple: confronter des gens célèbres avec des représentants du bon peuple. Ces derniers proposent un pari improbable, accepté ou non par la star. En cas d'échec, la célébrité doit effectuer un gage, généralement saugrenu. Ainsi, un certain Dirk Rödel a fait plier Kevin Kostner en pariant qu'il arriverait, lui l'anonyme de Flieden, à ouvrir 20 cannettes de bière en 90 secondes avec… une tronçonneuse. Kevin a parié que non mais Dirk a réussi. Même chose pour Janet Jackson qui n'a pas cru que Karl Heinz Wilbert de Lahnstein pouvait faire avancer un bus sur cinq mètres par la seule force de ses bras, tout en se tenant à l'intérieur du véhicule. La pauvre Janet sous-estimait la musculature du jeune homme.

En vingt ans, tout ce que le show-biz compte de célébrités est passé sur le plateau de Wetten Dass…? , de Mickey Rourke à Michael Jackson, en passant par Brigitte Nielsen, Cher et même Céline Dion! Sans parler des politiques comme Mikhaïl Gorbatchev en 1996. «Wetten Dass…? a du succès parce que l'émission inverse les rôles sociaux, explique un téléphile alémanique. Pour quelques instants, des inconnus prennent la place des stars, alors que les invités deviennent de simples spectateurs. Une sorte de Big Brother déjanté avant la lettre.»