Un peu plus d’un an après avoir commencé à partager avec certains médias (The Guardian, The New York Times, Le Monde, Der Spiegel et El Pais) les documents confidentiels auxquels il avait accès, WikiLeaks, mis en difficulté par la diffusion sur la Toile du mot de passe permettant d’y avoir accès, a radicalement changé de stratégie en publiant d’un coup la totalité des 251 287 câbles diplomatiques américains, sans qu’aucun soit «édité», autrement dit sans qu’aucun nom ait été caviardé ou expurgé, mettant ainsi potentiellement en danger les informateurs ou leurs sources.

La publication la nuit dernière de cette masse d’informations est la dernière conséquence de la polémique qui oppose le site au Guardian . Le quotidien britannique est accusé d’avoir dévoilé le mot de passe permettant, sur des serveurs non identifiables par les profanes, l’accès aux câbles. C’est le journal allemand Freitag qui a découvert la faille, il y a 8 jours. Toute la journée hier sur Twitter, WikiLeaks a demandé à ses «followers» (plus d’un million) ce qu’ils pensaient d’une éventuelle diffusion massive. La réponse a donc été claire et depuis ce matin tous les internautes, même les moins avertis, peuvent désormais se plonger dans l’énorme masse de données libérées sur le Net.

Malaise

Ala mi-journée ce vendredi, des journaux partenaires de WikiLeaks ont «condamné» cette publication. Dans un communiqué conjoint, le Guardian, le New York Times, Der Spiegel et El Pais «déplorent la décision de WikiLeaks de publier des câbles non édités, ce qui peut mettre des sources en danger».