Avec Internet, les sportifs d'élite se dotent d'un nouveau moyen de promotion. Ils comblent ainsi les attentes de leurs fans, tout en proposant à leurs sponsors un support supplémentaire. Le label «officiel» confère parfois une certaine crédibilité à ces sites dédiés à des stars du sport. Certains sont bien informés, d'autres se contentent de réunir des photos, d'autres encore servent de défouloir aux supporters. Sélection subjective.

Pete Sampras

Comme par hasard, les plus fines raquettes des circuits masculin et féminin s'appuient sur les deux sites les plus complets du milieu tennistique. Bien que (provisoirement?) dépossédés de leur matricule de No1 mondial, Pete Sampras et Martina Hingis le restent au niveau des adresses Internet. Sampras conserve une longueur d'avance sur le Web, question originalité, innovation et look de son site officiel, actualisé plusieurs fois par jour par une armada de journalistes durant les épreuves du Grand Chelem. L'album de photos est riche et le plus fin des statisticiens ne trouvera aucune lacune dans une incroyable base de données. Les interviews et déclarations audio du sextuple vainqueur de Wimbledon sont légion et ses victoires sont évoquées par un quiz intelligent (www.sampras.com).

Martina Hingis

A défaut d'être la plus populaire sur les courts, Martina Hingis présente une image radieuse et pleine de vie sur le Net avec des articles de presse, dédicaces et infos ultraprécises de «la princesse de la WTA», selon le titre de la page d'accueil officielle de son fan-club (www.hingis.org). Les liens sont nombreux, mais un seul est francophone. Curieusement, aucune trace du chemin à parcourir pour retrouver son petit ami, Ivo Heuberger (www.parsenn-produkte.ch/heuberger). Les Bâlois Roger Federer (www.rogerfederer.com) et Patty Schnyder (www.pattyschnyder.ch) ont eux aussi leur propre adresse, en allemand. Mais depuis l'affaire du gourou Harnecker, le site de Patty n'est plus actualisé.

Jacques Villeneuve

La course se joue rarement à armes égales sur un circuit de formule 1. Mais sur le Web, le combat se déroule plus équitablement: une page d'accueil officielle, et une autre du fan-club font automatiquement partie de la carte de visite de tout pilote qui se respecte. Le club des supporters de Jacques Villeneuve anime son site depuis Villars-sur-Ollon (mais en anglais seulement), le site officiel (français/anglais) étant tenu depuis le Québec. La carrière du blond pilote de BAR est passée au crible, pas seulement en F1, mais aussi en Indycar et courses motoneige. L'intérêt principal réside sans conteste dans les déclarations et analyses quasiment à chaud lors des week-ends de Grand Prix. L'adresse est un mélange aux qualités inégales d'informations et d'illustrations (quelle collection de caricatures!), mêlées à de nombreuses publicités et offres d'achat. Mais les fans du champion du monde 1997 n'hésitent pas trop à délier les cordons de leur bourse pour faire leurs emplettes: livres, articles à la mémoire du père Gilles Villeneuve et autres insertions diverses. Le site a recueilli plusieurs distinctions outre-Atlantique (www.villeneuve.com et www.jacques.villeneuve.com/fanclub).

Franck Durix

Coup de cœur pour les pages Web de Franck Durix. Le milieu de terrain tricolore du FC Servette s'investit pour les animer, offre des dédicaces, donne son avis après chaque match et répond personnellement à tous ses messages électroniques. Il est possible de visionner certains de ses buts en vidéo. Une belle carte de visite qui, susurre-t-on, aurait pesé d'un poids certain dans la décision du club champion suisse de renouveler son contrat, vu sa popularité. Durix restera peut-être comme l'un des pionniers en la matière en Suisse, à la traîne par rapport aux autres pays où les fans des stars du ballon rond se livrent à une belle sarabande (www.tousports.ch/franckdurix/index.html).

Richard Virenque

C'est l'une des adresses les plus prisées depuis l'exclusion, puis la réintégration de Richard Virenque au Tour de France. Signe particulier pour un site non officiel: un effort louable d'objectivité de la part de ses supporters qui ne sont pas là pour défendre leur idole, mais pour présenter les informations les plus variées sans prendre position. Des dépêches d'agence et de magazines spécialisés sont reprises. On y apprend que les ponts n'ont pas été totalement coupés entre Richard Virenque et Willy Voet, l'homme par qui le scandale du dopage est arrivé. «Les propos enflammés du soigneur belge n'ont pas réussi à casser définitivement leur longue amitié.» Plusieurs pages relatent l'affaire Festina et expliquent les méfaits de l'EPO et autres produits dopants. Et l'humour n'est pas absent: les meilleurs extraits audio et vidéo de la star pathétiquement comique des «Guignols de l'Info» agrémentent le site (http://perso.infonie.fr/jp.vilain).

Fabien Barthez

Il y a un an, les «Bleus» enlevaient chez eux la Coupe du monde. Un clin d'œil à Fabien Barthez, le dernier rempart, dont le célèbre crâne rasé, embrassé par Laurent Blanc, anime la première page d'un site bâti en trois langues (français, allemand et anglais). Sans doute de quoi satisfaire les nombreux sponsors qui ont recouru à ses services et qui figurent en bonne place dans son domaine. Le reste? Quelques articles genre Paris-Match et de grandes révélations: le gardien aime «les dauphins de Marineland, Pascal Obispo ou encore les compétitions automobiles. Et cela le fait vibrer». Le pire est à peine évité avec un clip vidéo (www.barthez.net).