Festival

La Bâtie prend le large et l’eau

Deux spectacles, deux flots de mots. Mais tandis que l’un ouvre sur un vaste horizon, l’autre enferme dans le pire et tourne à vide. Récit de la soirée de mercredi.

Un flot de mots. Les mots-musique de Caroline Bergvall, artiste franco-norvégienne qui, à Saint-Gervais, a pris le large poétique en résonance avec les migrations dramatiques en Méditerranée. Et les mots coup de poing du Chilien Pablo Larrain qui, au Galpon, a dirigé Roberto Farias dans un boniment tragicomique sur la misère de son pays. Mercredi, la Bâtie a été logorrhéique. Et plus ou moins inspirée selon les propositions. Si «Drift» ouvre de vastes horizons en tressant musique, images et voix, «Acceso» fait regretter Angelica Liddell et Rodrigo Garcia. Comme Larrain, ces deux artistes latinos fustigent les injustices et aberrations du monde capitaliste, mais leur révolte est autrement plus riche formellement que le déballage du Chilien.

Le catalogue du pire, avec bébé avorté à coups de pied et pédophilie totalement décomplexée. Entrecoupé d’ironiques ventes flash d’articles garantissant la bonne santé, morale et physique, des citoyens chiliens. Le scénario d’Acceso est binaire et obsessionnel. Bien sûr, Roberto Farias est une bête de scène qui déboule trempé et assaille le public assis sur la scène de ses tyrannies et de ses séductions. Depuis les gradins, bien au sec, le show vaut son pesant de pesos.