Transport

Le chiffre d’affaires d’Uber dépassera 5 milliards de dollars cette année

Le service de transport par voiture privée aurait perdu 800 millions de dollars au troisième trimestre, selon Bloomberg. Elle continue à étendre son réseau mondial.

Uber devrait dépasser les 5,5 milliards de dollars (5,7 milliards de francs) de chiffre d’affaires cette année. Dans la nuit de lundi à mardi, l’agence Bloomberg a publié les derniers chiffres du service de transport par voitures privées. Valorisée à plus de 69 milliards de dollars mais pas encore cotée en bourse, la société ne publie aucun résultat. Bloomberg s’est basé sur une source interne chez Uber, tout comme le site The Information, qui publiait quelques minutes plus tôt des chiffres similaires.

Dans le détail, Uber a réalisé un chiffre d’affaires net de 3,76 milliards de dollars durant les trois premiers trimestres de l’année. Ce montant correspond aux commissions que touche la société sur les courses effectuées par les chauffeurs, soit environ 30% du prix payé par les passagers. Ce chiffre d’affaires est passé de 960 millions de dollars au premier trimestre à 1,1 milliard au deuxième et à 1,7 milliard au troisième. Quant au montant total dépensé par les passagers, il s’est établi à 5,4 milliards de dollars au dernier trimestre, contre 5 et 3,8 milliards lors des deux trimestres précédents.

Retrait de Chine

Uber est parvenu à croître ces dernières semaines en dépit de son retrait de Chine. En difficulté sur ce marché, la société dirigée par Travis Kalanick avait décidé, le 1er août dernier, de quitter le pays. En échange, il avait acquis 17,5% de son rival local Didi Chuxing. En parallèle, ce dernier avait investi un milliard de dollars dans le capital d’Uber.

Malgré la progression de son chiffre d’affaires, Uber continue de travailler à perte. Durant le troisième trimestre, elle s’est élevée à 800 millions de dollars, pour totaliser 2,2 milliards sur les neuf premiers mois de l’année. La perte, pour 2016, devrait ainsi dépasser les 3 milliards de dollars, selon Bloomberg, soit davantage que les 2 milliards enregistrés en 2015.

11 milliards investis

La société a beau avoir perdu plus de dix milliards de dollars depuis sa création en mars 2009, elle continue à vivre grâce à l'argent injecté par des dizaines d'investisseurs. Au total, selon les calculs du Wall Street Journal, ce sont 11 milliards qui ont été investis dans Uber, ce qui en fait la start-up la mieux capitalisée. Cet été, le fonds d'investissement saoudien a injecté 3,5 milliards de dollars, après un premier financement de 1,5 milliard. Microsoft et Toyota font partie des derniers soutiens financiers de la société de transport.

En levant autant de fonds, Uber vise un objectif triple. D'abord, financer des courses qui seraient aujourd'hui dans leur majorité effectuées à perte. Récemment, une source proche d'Uber confiait à «Fortune» que la société dépensait, pour chaque trajet, la moitié comparé à son rival Lyft, actif uniquement sur le marché américain. En attirant ces fonds, la société de Travis Kalanick s'assure aussi que ces milliards n'aident pas les concurrents, notamment régionaux, qui cherchent aussi des investisseurs. Enfin, Uber, même s'il est déjà actif dans plus de 540 villes, investit pour développer son réseau. 

Bataille en Inde

Un exemple: la semaine passée, Travis Kalanick faisait le déplacement en Inde pour y affirmer que sa société y serait bientôt rentable. Uber s'est lancé il y a trois ans déjà sur le marché indien, mais n'est actif que dans 29 villes, alors que son rival local Ola revendique une présence dans 102 villes. L'année passée, Uber avait affirmé avoir investi un milliard de dollars en Inde. Désormais, la société américaine se bat pour tenir le choc face à Ola pour espérer un sort plus favorable qu'en Chine. 


Uber propose deux millions d'euros en France

En France, Uber a annoncé mardi la création d'un fonds de soutien de 2 millions d'euros pour les chauffeurs VTC lors d'une brève réunion pour tenter de trouver une issue à leur conflit avec les plateformes internet, suscitant leur mécontentement. A l'exception du montant annoncé par un porte-parole du groupe à l'AFP, Uber n'a pas précisé les modalités concrètes de ce fonds, ni indiqué s'il allait augmenter ses tarifs ou diminuer sa commission comme le réclament les chauffeurs.

«C'est un effet d'annonce, une tentative pour nous endormir et parvenir à leurs fins, c'est-à-dire ne rien donner», a estimé Jean-Claude Resnier de VTC de France, en quittant le secrétariat d'Etat aux Transports, où se tenait la réunion. «Ce n'est pas une entreprise américaine qui doit imposer un état de fait dans un état de droit», a-t-il ajouté.

«On a demandé une chose, ils ont refusé», a déploré un porte-parole de l'association Capa-VTC qui a appelé les chauffeurs à «se déconnecter d'Uber», à l'instar de la plupart des associations qui les représentent et participaient aux discussions. Jean-Luc Albert (Actif-VTC) s'est déclaré «déçu par tout ce mépris», déplorant l'annonce d'un «fonds sans aucune explication, ni sur les modalités, ni sur les critères de répartition de ce fonds». (AFP)


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