vestiges

Les mésaventures 
d’un terrible lézard marin

A Paris, la maison Drouot a dû retirer de la vente 
un squelette de «Zarafasaura oceanis». Lumière sur le marché 
en plein boom des fossiles de dinosaure

Sa gueule ouverte, qui conclut une splendide alignée de vertèbres, glace le sang. Derrière ce cou infini, un corps oblong avec quatre nageoires plates, comme une tortue sans carapace. Dans la salle d’exposition de l’Hôtel Drouot à Paris, le squelette complet de Zarafasaura oceanis est l’attraction d’un ensemble hétéroclite de 51 lots, mis à l’encan le 7 mars, qui comprend aussi un crâne de tricératops, des léopards empaillés, un squelette de python, un ptéranodon ou des gorgones présentées en œuvres d’art. Prix estimé pour cet objet: entre 350 et 400  000 euros.

Et puis, non. Coup de théâtre, six jours avant la vente: le gouvernement marocain, d’où proviennent les ossements de ce reptile marin, revendique sa propriété, le considérant comme faisant partie du patrimoine national. D’aucuns espèrent que cet acte constituera un tournant dans ce monde nébuleux mais fascinant et en plein boom de la mise aux enchères de squelettes de dinosaures et autres animaux très anciens.