France

[En direct] Ce qu'on sait de l'attentat des Champs-Elysées, et ses suites politiques

Et François Fillon, et Marine Le Pen ont réaffirmé leur programme de lutte contre le terrorisme et l'islam radical, tandis qu'Emmanuel Macron appelle au refus de l'instrumentalisation, au lendemain de l'attaque revendiquée par le groupe Etat islamique qui a tué un policier et en a blessé deux sur les Champs-Elysées. Même Donald Trump y est allé de son commentaire

Un policier a été tué sur les Champs-Elysées, en plein coeur de Paris, pendant que les 11 candidats à la présidentielle présentaient leurs projets à la télévision.

Deux autres policiers ont été blessés, dont l'un grièvement, et une touriste a été plus «légèrement» touchée par balle, selon les autorités. L'assaillant, qui a été abattu, faisait l'objet d'une enquête terroriste.

L'attaque, qui a eu lieu vers 21h00, a été presque aussitôt revendiquée par le groupe jihadiste Etat islamique, à l'origine de la plupart des attentats qui ont fait 238 autres morts depuis 2015 en France.

18h00. Trêve en vue. Dans 6 heures ce sera la fin de la campagne officielle et le début de la trêve électorale, cette période de réflexion qui précède le scrutin. C'est aussi la fin de ce suivi en continu, merci de nous avoir suivis.


 17h00. Benoît Hamon. Pour son dernier déplacement de campagne le candidat socialiste était dans le Tarn, le fief de Jean Jaurès, à Carmaux. «J'ai souhaité maintenir cette rencontre parce que je refuse de faire ce cadeau aux terroristes» a expliqué celui que les sondages placent en 5e position, peut-être sous la barre des 10%. 

Lire: Terrorisme et présidentielle en France: pourquoi 2017 n’est pas 2012

14h15. Un Coran dans la voiture de l'attaquant. Un message manuscrit prenant la défense de «Daech», le groupe djihadiste Etat islamique, a été retrouvé près du corps du tueur, apprend-on de source proche de l'enquête. Un Coran a également été retrouvé dans sa voiture, ainsi que l’adresse de la DGSI (Direction de la sécurité intérieure) et celle d'un commissariat de Seine-et-Marne, au sud-est de Paris.

14h00. L'attaquant déjà arrêté en février. L'homme à la kalachnikov qui a tiré sur la fourgonnette de police hier soir sur les Champs-Elysées avait déjà été interpellé par la police en février pour avoir menacé des policiers, puis libéré, annonce l'agence de presse AP, citant des officiels des forces de l'ordre.

13h40. Emmanuel Macron. Après Marine Le Pen et François Fillon, le chef d'En marche ! s'est à son tour exprimé sur l'attaque des Champs-Elysées, se déclarant d'emblée contre les mesures proposées par ses adversaires pour contrer les menaces terroristes et appelant à un «esprit de responsabilité dans cette période extrême (...) Il ne faut céder en rien à la panique, ne céder en rien à l'instrumentalisation qui pourrait être tentée (...) Ceux qui nous attaquent n'ont pas à décider de qui nous sommes: un peuple vivant, un peuple libre, un peuple qui a un avenir car il le construit», a-t-il ajouté lors d'une déclaration solennelle prononcée à la mi-journée depuis son QG de campagne.

13h00. La contre-offensive de Bernard Cazeneuve. «La facilité n'est pas la fermeté, ni l'outrance le gage de l'efficacité» a déclaré le premier ministre français ce midi depuis Matignon. «Marine Le Pen oublie que plus de 105 millions de personnes ont été contrôlées aux frontières (...) Marine Le Pen demande l'expulsion de tous les fichés S. Je veux lui rappeler que depuis mai 2012, 117 personnes ont été expulsées du territoire» dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.

13h00. Le commentaire de Donald Trump

11h30. François Fillon. Utilisant les mots de «totalitarisme islamiste (...) dont le but est de détruire notre civilisation», le candidat Les Républicains a annoncé qu'il mènerait le combat avec «une main de fer» et que cette bataille serait la priorité de son quinquennat. Il veut détruire l'Etat islamique et veut mettre sur pied une coalition internationale pour y parvenir. Il veut maintenir «l'état d'urgence et le contrôle aux frontières». Le candidat souhaite «10.000 policiers supplémentaires au service de la sécurité des Français». «Nous sommes en guerre (...) Il convient d'être lucide et sans angélisme. Nous sommes en état d'urgence et il ne sera pas levé avant longtemps...»

11h00. Le Parisien annonce que des éléments de radicalisation ont été trouvés chez la mère de Karim C. Trois personnes de l'entourage du tueur ont été interpellées et des perquisitions menées à leur domicile.

10h30. Marine Le Pen. Dans une allocution en direct diffusée sur sa page Facebook, Marine Le Pen a appelé à la résistance et rappelé les mesures qu'elle prendrait si elle était élue à la présidence. Elle réclame et promet l’expulsion immédiate des fichés S étrangers,  l’engagement de poursuites pour intelligence avec l’ennemi contre les fichés S de nationalité française, la restauration immédiate des frontières nationales, le renfort immédiat de 15 000 policiers et gendarmes. Enfin elle appelle à l'application stricte des principes de la laïcité et s'engage pour «de nouvelles régulations restrictives en matière d’immigration, d’asile ou d’accession à la citoyenneté.»

10h00. Trois prises de parole, et un apéro insoumis. Marine Le Pen s'exprimera sur les derniers événements à 10h00 depuis son siège de campagne, François Fillon à 11h00 et Emmanuel Macron à 12h00. Tous les trois ont annulé les deniers meetings qu'ils avaient prévus aujourd'hui. Seul le tribun de la gauche radicale à la tête de «La France insoumise», Jean-Luc Mélenchon, a maintenu un «apéro insoumis» prévu ce vendredi soir à Paris. Il estime important de «démontrer que les violents n'auront pas le dernier mot contre les républicains».

09h30. Karim C., bien connu des forces de l'ordre.  L'homme abattu finalement par les forces de l'ordre après qu'il a tiré sur un fourgon de police est reconnu comme dangereux depuis 2001. A la suite d'une course poursuite avec des gardiens de la paix, il avait tiré sur une voiture blessant au ventre un gardien de la paix en formation et son frère. Interpellé peu après et placé en garde à vue, il avait dans sa cellule réussi à subtiliser son arme à un gardien et à lui tirer dessus.  Mis en examen pour tentatives d'assassinat,  Karim C. sera condamné en 2003 à 20 ans de réclusion criminelle, ramenés à 15 ans en appel en 2005. Aujourd'hui, il habitait en Seine-et-Marne et se consacrait officiellement à la vente de vêtements sur les marchés.

09h30. Le suspect belge toujours en Belgique. Un avis de recherche des services belges visant un homme était «parvenu aux services français hier» (jeudi), a déclaré vendredi le porte-parole du ministère français de l’Intérieur, sans confirmer à ce stade un lien avec l'attentat contre des policiers sur les Champs-Elysées. L'homme, soupçonné d'avoir voulu se rendre en France, s'est finalement présenté dans un commissariat d'Anvers, a indiqué le porte-parole du ministère de l'Intérieur vendredi. Selon une source proche de l'enquête sur la fusillade des Champs-Élysées, citée par l'AFP, l'homme signalé par les Belges, âgé de 35 ans et présenté comme «très dangereux», devait être entendu dans un dossier belge. Lors d'une perquisition, les autorités belges avaient trouvé un billet de train Thalys pour la France en date du 20 avril 2017, des armes à feu et des cagoules.

Lire: Plus que jamais, la présidentielle de tous les dangers (Commentaire)

En France, le terrorisme frappe Paris et la campagne électorale

L'identité du tueur en question: un Belge, un Français?. «L'auteur de l'attaque des Champs-Elysées dans le centre de Paris est Abu Yussef le Belge, et c'est un des combattants de l'Etat islamique», a déclaré l'EI dans un communiqué publié par son organe de propagande Amaq. Or, selon des sources proches de l'enquête, l'agresseur abattu est un Français de 39 ans, qui faisait déjà l'objet d'une enquête antiterroriste. Cela pose donc la question de savoir s'il s'agit du même homme que celui nommé par l'EI. «L'identité de l'attaquant est connue et a été vérifiée», a indiqué devant la presse, près du lieu de l'attaque, le procureur de la République de Paris, François Molins. Mais il s'est refusé à la dévoiler, en raison des nécessités de l'enquête ouverte par le parquet antiterroriste.

On apprenait plus tard que la personne abattue était bien Karim C., 39 ans, titulaire de la carte grise retrouve dans la voiture (voir plus haut)

09h00. Conseil de défense à l'Elysée.  Le premier ministre Bernard Cazeneuve s'est exprimé à la sortie du Conseil de Défense. «Au cours des prochains jours, plus de 50.000 policiers et gendarmes seront mobilisés afin de garantir la sérénité du déroulement des opérations électorales», a rappelé le chef du gouvernement (...) «Le gouvernement est pleinement mobilisé, rien ne doit entraver ce moment démocratique fondamental pour notre pays», a affirmé Bernard Cazeneuve, qui a également tenu à insister sur «l'unité» nécessaire dans ce contexte : «Il nous appartient aussi de ne jamais céder à la division. C'est l'obscurantisme et l'intolérance qui doivent être combattus, et c'est bien l'unité qui plus que jamais doit prévaloir.»

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