Développement

Le paradoxe de Sikasso

Un tiers des enfants est mal nourri dans la région de Sikasso, au sud du Mali. C’est le taux le plus élevé de malnutrition chronique du pays et pourtant, cette région est la plus fertile. Un projet de l’Unicef veut venir à bout de ce paradoxe

Ninmatou, 6 ans, ne sourit pas. La fillette, habillée d’une tunique indigo et d’un élégant foulard fleuri, a le regard éteint. «Il y a un mois, elle pleurait tout le temps et refusait de manger, explique son père, Zoumana Traoré. On nous a expliqué qu’elle souffrait de malnutrition parce que le tau (bouillie de maïs ou de mil) que nous mangeons chaque jour avec des feuilles vertes, n’est pas assez nourrissant. Depuis qu’on lui donne une bouillie de trois céréales, avec un légume ou du poisson, elle a repris des forces.»

Contrairement à sa forme aiguë, la malnutrition chronique n’entraîne pas la mort. Mais Ninmatou risque des séquelles à vie: une petite taille, une santé fragile et des difficultés à l’école. «Toute la force vive d’un pays est affectée, alors que la prévention est peu coûteuse», explique Alessandra Dentice, porte-parole de l’Unicef au Mali.