Série

Quand la mafia brouille la frontière entre réalité et fiction

«Gomorra» raconte les méfaits de la mafia napolitaine. Diffusée en Italie, la troisième saison de la série s’empreint comme «Suburra» de la réalité, dans un pays où le crime organisé fait quotidiennement la une des médias

Scène épileptique dans un club napolitain. Dans une salle surplombant la piste de danse, un important boss mafieux discute avec ses lieutenants. Plus tard, le voici seul avec le plus fidèle d’entre eux. Il se retourne et, face aux danseurs derrière la baie vitrée, urine dans un verre. Pietro Savastano le tend alors à Ciro di Marzio. Il lui commande de le boire pour s’assurer de sa soumission et de son obéissance, pourtant déjà acquises. Le jeune criminel s’exécute, s’étouffant de dégoût, humilié.

Toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé est… voulue. «De tels moments auraient été difficiles à imaginer, explique Ludovica Rampoldi, l’une des scénaristes de la série italienne à succès Gomorra, dont cet extrait est tiré de la première saison. «Je n’aurais pas été capable d’inventer une telle scène.» Près de trois ans plus tard, sur le petit écran, le clan familial de Don Savastano est en miette. Son fils Gennaro tente d’en reprendre les rênes. Ciro di Marzio est en fuite. La série relatant les méfaits de la Camorra, la mafia napolitaine, s’inspire de la réalité pour raconter une fiction. Elle se fonde sur l’enquête éponyme de Roberto Saviano, publiée en 2006. La troisième saison de la série est diffusée en Italie sur Sky depuis le 17 novembre et est attendue sur Canal + au printemps prochain.