Afrique

Moussa Mara, l’affranchi de la politique malienne

Le Mali vient de repousser, une nouvelle fois, les élections régionales initialement prévues le 17 décembre. Dans un contexte où la démocratie semble en panne, rencontre avec Moussa Mara, ancien premier ministre et candidat à ces élections ainsi qu’à la présidentielle de 2018

Il faudra attendre encore quatre mois, jusqu’en avril 2018, pour que les Maliens puissent se rendre aux urnes. Le gouvernement a annoncé cette décision dans la nuit de dimanche à lundi afin de promouvoir des élections locales «inclusives et apaisées». La situation reste floue au Mali – l’occasion de faire le point avec l’un des candidats.

Moussa Mara reçoit dans son cabinet d’expert-comptable, à ACI2000, l’un des seuls quartiers goudronnés de Bamako, et petit temple des affaires. Sur sa carte de visite, tendue lestement, «ancien premier ministre» figure en bonne place. Ce poste, qu’il a occupé quelques mois seulement, à tout juste 39 ans, lui a-t-il donné une stature exceptionnelle, ou a-t-il gâché ses chances de devenir président du Mali? Confiant, l’homme table sur la première option et se présente à l'élection présidentielle de 2018, en espérant qu’elle ne soit pas elle aussi repoussée.