PORTRAIT

Thierry Romanens, la vie à fond

Le comédien et chanteur au grand cœur ressuscite Emil Zatopek dans «Courir», un spectacle musical et trépidant. A voir ou revoir dès jeudi au TKM, à Renens

Parce qu’on le sait timide, on imaginait Thierry Romanens taiseux et récalcitrant. C’est tout l’inverse. Au café de L’Evêché, à Lausanne, le comédien et chanteur se livre tambour battant. Son passé, ses projets, sa famille, ses lectures, ses convictions. Aucun sujet ne freine l’humoriste qui aime la fête et les gens. Il parle même de son rapport à la religion et à la foi. Sur un rythme haletant, parfaitement en phase avec le spectacle Courir, qu’il reprend ce jeudi au TKM, Théâtre Kléber-Méleau, à Renens. L’évocation de l’incroyable épopée d’Emil Zatopek, sur un texte de Jean Echenoz et une musique de Format A3, trio de jazz qui, présent sur le plateau, traduit à la perfection les pulsations de l’action.

D’accord, la course à pied est un virus contemporain, un archi-trend du moment. Mais pourquoi ressusciter une star des années cinquante? «Ce n’est pas l’athlète qui m’a attiré d’abord, mais le livre de Jean Echenoz, répond Thierry Romanens. Après mon spectacle musical sur le poète Alexandre Voisard, je voulais poursuivre avec cette combinaison de textes et de musique, tout en ajoutant le jeu théâtral. Quand j’ai vu ce titre Courir, j’ai directement senti le mouvement que pourrait contenir ce roman.»