PORTRAIT

Philippe Gex, un vin d’honneur

L’ancien syndic d’Yvorne a cédé son domaine de la Pierre Latine au Bâlois André Hoffmann tout en en conservant la gestion. Une façon de pérenniser la production de ses prestigieux vins

Il possède un vrai talent pour conter des histoires. Pour ce faire, il invite en son carnotzet, sert un verre de chasselas, cépage qui occupe plus de la moitié de son domaine de la Pierre Latine, à Yvorne. Senteur de fruits blancs, un peu anisée, très minérale. L’œil plisse, le nez frémit, les lèvres pétillent.

Des rencontres incongrues

Philippe Gex raconte: «J’étais alors syndic d’Yvorne, un jeune cadre d’une banque vaudoise vient me parler d’argent et de placement en me prenant un peu de haut, comme si j’étais un paysan mal léché. Arrive avec bâtons et sacs à dos un couple de marcheurs suisses-alémaniques, des fidèles clients. Mon banquier continue à vendre sa marchandise sur un ton qui déplaît également fortement à mon client, qui se permet de le lui dire. «Qui êtes-vous pour me donner la leçon?» demande le banquier. «Je suis Hans Meyer, le président de la Banque nationale suisse», a répondu mon client. L’autre s’est décomposé. Le vin permet ce genre de rencontres assez improbables et drôles.»