Jeanine Guinnard

«Johnny, c’est un Dieu vivant. Pour moi, il était immortel»

Fan fribourgeoise de la première heure, Jeanine raconte son chagrin à l’annonce du décès de la star, mais aussi sa passion enflammée qui ne prévoit pas de s’éteindre

Sur le mur de la cuisine, Johnny indique 15h40. Imprimé à même l’horloge, veste brodée et cheveux peroxydés, il semble fixer sa guitare et les aiguilles qui passent devant. La nouvelle de sa mort est tombée il y a une dizaine d’heures seulement et dans le salon, la télévision branchée sur TF1 annonce déjà une soirée hommage. Assise contre un coussin à l’effigie du chanteur, Jeanine, elle, a du mal à parler à l’imparfait. «Pour moi, Johnny, c’est un dieu vivant. Il est immortel, en quelque sorte. Le savoir parti, c’est dur, impossible, même si on le savait malade.»

Dans son appartement de Villarepos, petit coin de campagne fribourgeoise à quelques kilomètres d’Avenches, Jeanine a les yeux aussi embués que ses fenêtres. Les ondes du choc de ce matin sont encore palpables. «J’ai reçu beaucoup de messages de sympathie et même des coups de fil», confie-t-elle. Fébrile comme si elle pleurait le décès d’un proche.