Justice

A Genève, le mystère du piratage de Mossack Fonseca reste entier

Le Ministère public a classé la procédure visant l’ancien informaticien de l’antenne genevoise. La firme, impliquée dans les Panama Papers, avait porté plainte après avoir constaté une nouvelle fuite massive de données. La police évoque la piste de services secrets

En plein scandale des Panama Papers, la nouvelle de l’arrestation d’un informaticien de l’antenne genevoise de la firme Mossack Fonseca avait fait le tour du monde. Ce ressortissant espagnol, âgé de 54 ans, suspecté d’avoir soustrait un volume gigantesque de données depuis ses deux postes, peut désormais souffler. Le procureur Claudio Mascotto a décidé de classer la procédure ouverte contre le prévenu faute de pouvoir étayer les soupçons et faute d’avoir pu obtenir la collaboration du cabinet qui avait porté plainte.

Piratage contesté

Les avocats de l’informaticien, Mes Thomas Barth et Romain Jordan, ont annoncé ce jeudi la récente décision, datée du 4 décembre, qui met un point final à l’instruction, sous réserve de faits nouveaux. La procédure n’est pas tout à fait terminée car la défense entend malgré tout recourir contre les 21 000 francs de frais d’enquête mis à charge de leur client pour avoir mal surveillé le parc informatique placé sous sa responsabilité et sans doute réalisé l’existence de l’infection sans avertir sa direction. Cet autodidacte, employé depuis seize ans chez Mossack Fonseca et père de trois enfants, a toujours nié avoir piraté des données ou avoir été un lanceur d’alerte. Ses prétentions, environ 85 000 francs pour tort moral, perte de gain et frais de défense, ont été balayées dans la même ordonnance.