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«Au début tout se passait bien, je ne parlais à personne, on me laissait tranquille...» 

Souffrance, dépression, déscolarisation: le bizutage scolaire a laminé l’existence d’Alice, 13 ans, et de sa mère Gabrielle, qui se sent abandonnée par les autorités. Un exemple poignant qui illustre la collaboration parfois difficile entre parents et directions d’établissements

Voilà plusieurs semaines déjà que Gabrielle* et Alice* ne dorment plus. Mère et fille sont à fleur de peau, à bout de nerfs. Harcelée par ses camarades, Alice, 13 ans, n’a plus mis les pieds à l’école depuis un mois. Désemparée, sa mère frappe à toutes les portes, se démène pour aider sa fille à sortir de la dépression et soigner sa phobie scolaire. Comble de sa colère, le dialogue avec l’établissement vaudois qu’Alice fréquentait est laborieux, la confiance, rompue.

Ils sont bousculés à la récréation, systématiquement moqués, insultés ou mis à l’écart. Pour Alice comme pour 5 à 12% des élèves suisses, l’école s’est transformée en cauchemar. Humiliations, menaces, agressions: elle a tout subi. Pendant des semaines. Et ce n’est pas la première fois. En 2015 déjà, la jeune fille avait demandé à être changée d’établissement après avoir fait les frais d’une rumeur. «Salope», «suceuse de bite»: des mots d’une violence inouïe pour la jeune fille alors âgée de 11 ans qui restera déscolarisée durant près d’un an. Aujourd’hui, ce précédent réapparaît comme un faux pas lancinant. «On m’a fait comprendre que le problème n’était pas à l’école, mais chez moi», résume Alice, silhouette menue et cheveux courts.