Matière

L’avenir de la physique des particules en suspens

Alors que le Japon hésite à adouber le projet de l’Accélérateur linéaire international (ILC), les physiciens des particules ont revu sa puissance à la baisse pour réduire son coût de 40%. Une preuve de la difficulté grandissante à financer les grands équipements de physique fondamentale

Les physiciens sont dans le doute. Cinq ans après la découverte du boson de Higgs, le Grand collisionneur de hadrons (LHC) du CERN n’a pas fait la moindre découverte majeure. «Celle qui porterait des indices d’une nouvelle physique, explique Adam Falkowski, du laboratoire de physique théorique d’Orsay en région parisienne. «Nous explorons des territoires complètement nouveaux, mais nous ne perdons pas espoir. La situation peut changer à tout moment.»

Et c’est tant mieux, car cette nouvelle physique, les physiciens des particules l’attendent depuis longtemps. Tous savent que le modèle standard est incomplet: élaboré dans les années 1960, ce cadre théorique qui décrit les particules et les lois fondamentales de la nature ne parvient pas à expliquer l’origine de la matière noire et de l’énergie noire, qui représentent pourtant 95% de l’univers! «Pour mettre à mal le modèle standard et ouvrir une nouvelle voie, il faudrait par exemple découvrir une particule inédite», explique Adam Falkowski. «Une particule plus lourde que le boson de Higgs», ajoute Lyndon Evans, le père du LHC.